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Souvenir de Troie

Summary:

C'est un recueil de petits textes pour ma fanfict " Suis la lumière" où dans cette AU, Polites est le fils de Priam roi de Troie. Ce seront principalement les souvenirs de Polites à Troie mais peut-être j'élargirais avec ceux de Odysseus.

Je fais ça juste pour m'amuser, certaine chose ne seront pas conforme au canon d'Homer et j'en suis consciente.

Chapter 1: Naissances

Chapter Text

Ma naissance avait été difficile pour ma mère. Pendant des heures durant la nuit elle avait souffert, se demandant si elle n’était pas maudite pour avoir abandonné son dernier enfant. Je naissais un an après Paris, je devais être le bébé de réconfort, le cadeau des Dieux. Je poussai mon premier cri au passage d’Eos. Un jeune prêtre Laocoon venait annoncer le destin des enfants royaux. Il sortait de l’adolescence mais son regard brillait d’un savoir divin. C’était lui qui avait prédit que Paris causera notre perte. Mère se tenait droite et assise dans son lit, me portant dans ses bras. Père conservait une posture sévère mais restait près de ma mère. La lumière d’Hélios entrait dans la chambre, la rendant chaleureuse. Des bougies brûlaient. Des domestiques épiaient la scène depuis la porte.

Laocoon s’avança et posa sa grande main sur mon front. Les souffles se retenaient par l’angoisse. Le prêtre ferma les yeux puis il sourit.

« Seigneur Apollon, montre-moi le destin de ce garçon. »

Et il lui montra. J’ignorai toujours ce qu’il vit réellement mais comparé aux frères précédents, sa vision semblait meilleure. Laocoon ouvrit les yeux. Son sourire s’élargit et il retira sa main. Mes parents attendirent son verdict avec anxiété.

« Votre fils sera un sauveur. » Et mes parents soupirèrent de soulagement. « Sa vie ne sera pas douce mais il sauvera de nombreux hommes. Polites deviendra un guérisseur béni par Apollon. » Laocoon s’autorisa un petit rire. « Le temple d’Apollon s’épanouira avec sa douce lumière. »

Mère baissa son regard vers moi. Elle m’observa tendrement tout comme Père, ses lèvres s’étirant dans un sourire bienveillant. Malheureusement, j’étais le seul enfant avec un destin aussi optimiste.

Chaque enfant qui naissait, Laocoon devenait maussade, bref et pessimiste dans ses visions. Pour Hélénos et Cassandre il dit : « Ce sont les faces d’une même pièce. L’un est la comédie et l’autre est la tragédie. Ils se complètent mais ils seront maudits à être séparés. »

Avec le recul, je pouvais comprendre ses mots. Hélénos voyait les bonnes prophéties pour celui qui lui demandait. Il indiquait les parcelles de terres les plus avantageuses et les moments les plus joyeux d’une vie. Cassandre voyait les mauvaises prophéties. Elle indiquait les parcelles de terres les plus arides et les moments les plus tristes d’une vie. Les gens préféraient écouter l’optimiste, celui qui leur promettait le bonheur que celle qui présageait la date de ta mort. Personne ne croyait ma sœur, ou du moins personne ne voulait la croire.

Le seul moment où j’assistai au pouvoir de Laocoon était à la naissance de Polyxène. J’avais 15 ans et je débordais de curiosité. Je suivais Laocoon dans ses activités en désirant connaître son savoir. Il était devenu mon mentor au temple. Ce jour-là, il pleuvait. Les mines moroses de mes parents regardaient le prêtre accomplir son rituel. J’étais le seul à sourire et à frémir d’impatience.

« Votre fille aura une vie douce et heureuse mais courte. » 

Ma joie tomba et une lourdeur s’installa dans mon ventre. Mère éclata en sanglots. Père la prit dans ses bras en essayant de la réconforter mais ça ne fit qu'aggraver ses pleurs. Paniqué, je me tournai vers Laocoon. En m'apercevant il me fit sortir de la pièce en passant un bras autour de mes épaules.

« Polyxène vient de naître, pourquoi parles-tu déjà de sa mort ? » 

J’étais dévasté. Laocoon soupira.

« Polites, bien que j'apprécie ta présence au temple, tu devrais te concentrer sur la médecine. Apollon t’a offert un don, développe-le. » 

Sans plus de mots, il me lâcha. Le prêtre s’éloigna avec de grands pas. Il me laissa dans le couloir, seul et sous le choc.

 Je ne le considérais plus comme mon mentor. En public, je faisais comme si cette séparation ne m’atteignait pas. Je continuais de sourire, je passais mon temps avec les guérisseurs et je riais avec ma fratrie. Au temple, je discutais avec les prêtres et prêtresses et j’amenais souvent Hélénos et Cassandre. Quand je croisais Laocoon, je lui adressais juste un signe de tête poli.

Au fond, j’avais passé des nuits à pleurer dans mon lit, à ressasser nos moments ensembles pour trouver ce que j’avais fait de mal, ce pourquoi il ne voulait plus de moi. Je voulais aussi lui prouver que Polyxène aura une vie longue et heureuse. Je serais pour elle et pour les plus jeunes celui qui les protégerait.

Pour ma première nuit sur terre, Apollon était venu. Séléné illuminait le ciel nocturne. La brise faisait voler les rideaux et apaisait la chaleur de la chambre. Apollon m’observait dormir dans mon berceau. Sa douce lueur lui collait à la peau. Il se pencha et déposa un baiser sur mon front. Je réagis à peine ce qui fit attendrir son sourire.

« Polites, chuchota-t-il. Polites mon mortel adoré. Polites le prince de Troie. Polites mon guérisseur. Polites mon sorcier. Oh Polites, ta naissance est un cadeau pour le monde. »