Actions

Work Header

Rating:
Archive Warning:
Category:
Fandoms:
Characters:
Additional Tags:
Language:
Français
Series:
Part 19 of Calendrier de l'avent RPZ édition 2022
Stats:
Published:
2022-12-19
Words:
1,511
Chapters:
1/1
Comments:
6
Kudos:
12
Hits:
63

L'erreur nocturne

Summary:

Marcello se réveille. Il a dû bien boire la veille, car il n’a aucune idée d’où il se trouve.

Notes:

Jour 19! Thème du jour: Lune.
TW: sous-entendus sexuels, alcool, sang, arme, blessure par balle, légère hypothermie

Work Text:

 

Lorsque Marcello repris conscience, il n’ouvrit pas directement les yeux. Rien qu’aux bruits environnants, il savait qu’il ne se réveillait pas dans son appartement de Forum Drive. Il y avait des bruissements, des voix lointaines, très lointaines, des respirations, des cris, des moteurs. Ces respirations, c’étaient les siennes, profondes, bruyantes et rapides, saccadées à cause du froid qui l’entourait. Il ne reconnu pas les autres bruits, qui se faisaient de plus en plus distants.

Allongé sur le dos, Marcello était fatigué. Malgré la lumière qu’il percevait au travers de ses paupières closes, il n’avait pas envie d’ouvrir ses yeux. Il était content que les bruits s’éloignent, ils commençaient à lui donner mal au crâne, et ils l’empêchaient de se reposer. C’étaient sûrement eux qui l’avaient réveillé à l’origine. L’italien était si bien installé, si confortablement allongé dans ce matelas douillet malgré le froid qui lui engourdissait l’extrémité de ses membres, qu’il n’eu même pas la volonté de chercher une couverture pour se rendormir. Alors que son esprit divaguait vers d’autres horizons, une question le maintint éveillé, à laquelle il n'avait toujours pas de réponse : où était-il ?

Et, de plus, comment y était-il arrivé ?

Il n’avait aucun souvenir de ces dernières heures. Lui et Liam avaient dû se bourrer la gueule à une soirée, pour ne pas changer. Ça arrivait souvent en ce moment, et il fallait bien s’attendre à ce qu’un jour ou à un autre, il finisse dans des draps inconnus à force de jouer à l’inconscient.

Qu’est-ce qu’il avait fait ? Est-ce qu’il s’était protégé ? Et où était Liam ?

Autant de questions qui, pour le moment, n’avaient pas de réponse. Avec difficultés, Marcello identifia qu’il avait encore ses vêtements sur lui, et même… sa veste et ses chaussures ? Qui l’autoriserait à dormir dans son lit avec son manteau qui puait l’herbe et ses chaussures crades ?

Et… c’était lui ou… il était trempé ?

Beaucoup d’éléments contradictoires s’entrechoquaient dans la tête douloureuse du Families, alors, à contrecœur, il décida de lentement ouvrir ses yeux.

Il ne s’attendait pas à voir ça.

Devant ses yeux, il ne vit pas le plafond à la peinture décrépie qu’il s’attendait à voir. Il n’y avait pas d’ampoule aux fils tordus qui pendait comme un cadavre au plafond, projetant autour d’elle sa lumière blafarde. En réalité, il n’y avait pas de plafond.

Marcello était dehors. Et, loin au-dessus de sa tête, la Lune brillait de son cercle plein et régulier.

Était-ce mieux ou pire que ce qu’il s’imaginait ? Dans certains cas, c’était mieux. D’en bien d’autres, pires.

Sans bouger sa tête, il regarda autour de lui, essayant d’identifier les environs malgré la nuit opaque, seulement percée par le large disque pâle du satellite naturel. Il était dans ce qu’il qualifierai d’un champ, avec des arbres le bordant à une dizaine de mètres de là. Il aperçut des lumières assez loin, signes d’habitations, sûrement. C’était par là-bas que s’étaient éloignés les bruits. Il se rendit aussi compte qu’il n’était pas allongé sur un matelas douillet, mais bel et bien dans de la neige, froide et compact, qui avait infiltré les vêtements de Marcello et lui trempait tout le corps.

Petit à petit, l’italien remettait ses idées en place, mais rien n’expliquait comment il était arrivé dans cette situation, pourquoi il était si fatigué, et surtout, où était Liam.

Il leva les yeux, fixant de son regard épuisé la Lune, le surplombant. Elle semblait presque le narguer, immobile et inatteignable, comme si elle savait pertinemment ce qui s’était passé et qu’elle ne dirait rien. Ce cercle de lumière, il posait une question, une énigme à l’italien allongé dans la neige, une interrogation dont elle savait la réponse, elle la voyait. Mais Marcello évoluait à l’aveugle dans ce terrain inconnu. Où trouverait-il ses réponses ?

Il essaya de bouger, mais tout son corps était complètement engourdi. Ses bras et ses jambes ne voulaient plus obéir, et c’était à peine s’il sentait encore ses doigts qu’il s’efforçait de mouvoir. Sous sa main droite, il sentit quelque chose. C’était froid, lisse, mais bien différent de la neige.

Il ne fallut pas longtemps à Marcello avant de la reconnaître. C’était son arme.

La présence de cet objet fit ressurgir quelques souvenirs à la mémoire de l’italien. Il se souvint de Liam qui lui parlait d’une grosse vente qu’ils devaient gérer dans le Nord avec un autre gang. Il se souvint de MT qui disait qu’il ne pouvait pas être présent car il avait une autre affaire urgente à gérer. Il se souvint que, une fois arrivés sur place, ils étaient bien plus nombreux que prévu face aux deux petits Families. Ils ont été séparés et évidemment, ça avait mal tourné.

Marcello aurait préféré se réveiller dans le lit de quelqu’un d’autre, pour le coup.

Les souvenirs continuaient d’affluer, et avec eux une étrange impression dans son ventre, qui pris de l’ampleur, s’étendit dans son corps, serrant sa gorge et troublant sa vue.

Il avait mal. Vraiment mal. Le froid avait jusqu’ici réussi à atténuer la douleur, mais elle se faisait de plus en plus lancinante à chaque respiration de Marcello, s’accélérant à cause de la panique qui le gagnait petit à petit. Ces connards lui avaient tiré dessus, il s’en souvenait bien maintenant, et peut-être bien que l'italien était désormais mort, mais Liam ? Il avait réussi à s’échapper ? Ils l’avaient enlevé ? Ils l’avaient tué ? Liam ? Liam !

« Marcello ! »

L’italien papillonna des paupières, le rond blanc et froid face à lui se dédoublant dans ses yeux alors qu’il essayait d’accommoder sa vue. Il était persuadé que ce qu’il venait d’entendre n’était que le fruit de son imagination en proie à la panique à cause de sa blessure qui perdait encore du sang. Il n’entendait pas les pas sourds et rapides qui s’approchaient de lui, ralentis par la neige épaisse qui absorbait le bruit des essoufflements de plus en plus proches.

« Ma… Marcello ! Luigi, réponds-moi ! »

Le Families allongé au sol ne répondit rien. Il était persuadé qu’il rêvait, qu’il était déjà mort, et que si ce n’était pas déjà le cas il le serait bientôt de toutes manières. Il n’allait pas s’embêter à répondre à cette voix dans sa tête, qui ressemblait trait pour trait à celle de Liam, à laquelle il avait pourtant une folle envie de répondre, mais impossible que ce soit réellement Liam, si ?

« Putain Luigi tu peux pas me faire ça, hein ! Si t’es mort crois-moi que tu le sentiras passer ! »

Malgré son esprit brumeux, Marcello devait se rendre à l’évidence : la voix qu’il entendait difficilement était bel bien réelle. Il tourna le regard vers l’endroit d’où elle venait, pour voir débouler d’une démarche ridicule son fidèle rouquin attitré, qui tomba à genoux à côté de lui une fois arrivé à sa hauteur.

« Bordel Luigi, dis-moi que t’es vivant, dis-moi que ces petites putes ont encore une chance que je les égorge pas tous dans leur sommeil… »

Marcello avait du mal à voir Liam, qui s’était penché au-dessus de lui et commençait à appuyer sur sa blessure pour retenir le sang. Il voyait son visage, du moins le contour de son visage, à contre-jour avec le disque lunaire, ses cheveux roux légèrement bouclés éclairés par ce halo pâle et fantomatique. Il discernait ce cercle entourant cette tête, qu’il ne s’attendait pas à revoir un jour.

« C’est… c’est toi mon ange gardien, Lili ? »

L’irlandais recula sa main qu’il avait posé dans le cou de Marcello pour prendre son pouls.

« C’est que maintenant que tu te décides à me répondre ? Je t’appelle depuis tout à l’heure, j’ai cru que t’étais mort, Peppe !
- Bah… honnêtement je suis pas loin, là…
- Dis pas de conneries, Luigi ! Je vais t’emmener au LSMS, tu vas t’en sortir, ok ? »

Liam attrapa son ami par le bras et le mis debout, non sans difficulté. Lorsqu’il attrapa sa main pour faire passer son bras autour de son cou, Liam eu l’impression qu’il touchait un glaçon.

« Putain, t’es gelé, il faudrait pas que tu nous choppe la crève, Loulou.
- Crève ou pas, si je survis ce sera déjà pas mal.
- Ta gueule. Tu vas survivre. Je t’interdis de crever face à ces bouffons ok ? »

Liam amena le blessé à une voiture abandonnée ici par le gang qu’ils étaient venus voir, et l’installa sur la banquette arrière. S’asseyant au volant, l'irlandais jeta un regard inquiet dans le rétroviseur, donnant sur le visage blanchâtre de son ami, les yeux fermés, les dents serrées. La lumière de la Lune donnait l’impression qu’un cadavre était allongé à l’arrière, soulignant l’ombre des orbites et lissant la peau presque immaculée de l’italien. Pour se rassurer, Liam alluma les lumières de l’habitacle, projetant leur couleur chaude et rassurante sur les deux hommes. Il vit la poitrine de Marcello se soulever et s’abaisser, et son visage se tendre en un sourire alors qu’il ouvrait légèrement les yeux pour regarder son sauveteur.

Un nuage passa devant la Lune, et alors que Liam conduisait à une vitesse affolante sur la route, Marcello sentit le sang de nouveau circuler au bout de ses doigts.

Il regarda Liam, puis ferma les yeux.

Il était vivant.