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let it hurt 'til it stops

Summary:

I can't keep my grip
I'm slipping away from me

[Édition 2026 du challenge June of Doom.]

Notes:

'soir.

J'ai décidé que j'en avais vraiment plus rien à taper des dates auxquelles je suis censée poster mes challenges. Donc voilà. Un autre challenge qui se déroule normalement au mois de juin et que je commence fin mars. Parce que j'ai envie. Et parce que celui-là c'est certain qu'à la fin de l'année, je l'aurais toujours pas terminé mdr.

Donc. Contrairement au Swoon June (you were the light in the shade, de son petit nom) où tout est beau et rose et plein de paillettes et d'arc-en-ciel et où tout le monde se roule des pelles... là c'est l'inverse. Genre, vraiment l'inverse. Je ferai attention de bien préciser les thèmes abordés dans chaque texte. Faites attention à vous et ne lisez rien qui puisse vous faire du mal s'il vous plaît <3

Autre précision inutile : je suis beaucoup moins à l'aise sur ce genre que sur les autres. Donc franchement c'est tout à fait possible que je vous poste les deux textes que j'ai déjà écrit et que je revienne jamais parce que ça aura déjà été trop pour mon ptit cœur de grosse fragile.

Là aussi, néanmoins, si vous avez des idées de qui que ce soit que vous aimeriez voir souffrir et comment vous aimeriez les voir souffrir mdr n'hésitez pas à m'en faire part !
Le titre du recueil est tiré de la chanson Teardrops de Bring me the Horizon.

Est-ce que je vous souhaite vraiment une bonne lecture... ? Bof. Venez me hurler dessus dans les commentaires au pire /o/

Chapter 1: Chan

Notes:

Et on commence super bien avec le meilleur pour faire de l'angst... (jtm Channie)

Jour 1 : Rules | Unfair fight | Dehumanization

Chapter Text

Chan avait essayé de résister, avait essayé de respecter ses propres règles qu'il s'était lui-même imposées. Mais il arrivait, parfois, à la fin d'une journée bien remplie ou au milieu d'une nuit où le sommeil, malgré l'épuisement, refusait de pointer le bout de son nez, où il avait juste envie de se détendre et d'aller jeter un œil sur les réseaux sociaux.

Il aimait découvrir les selfies des STAY qui imitaient un des siens et qui lui étaient clairement adressés. Aimait voir leurs réponses à une nouvelle chanson ou une nouvelle vidéo, voir combien elles résonnaient chez leurs fans, combien elles les touchaient en plein cœur et les faisaient sourire. Aimait partager ce lien avec ces milliers, ces dizaines de milliers de personnes à travers le monde, toutes unies à travers leurs musiques. Ses musiques, qu'il composait avec ses amis, qu'il faisait chanter à ses amis et sur lesquelles il dansait aux côtés de ses amis. 

Il scrollait et scrollait et lisait tous ces messages de joie, ces échanges entre ces personnes qui, peut-être, ne se seraient jamais rencontrées sans eux, ces amitiés qui s'étaient créées dans une conversation twitter ou instagram ou dans une fosse de l'un de leurs concerts. 

Il aimait à penser que, peut-être, tout comme eux, des groupes d'ami·e·s s'étaient formés, aussi soudés que des familles. Leurs liens du cœur plus solides encore que n'importe quel lien du sang.

Sauf que voilà. Ce n'était pas tout ce qu'il lisait sur les réseaux. C'était même une infime partie. Parce que tout le reste... tout le reste le rendait malade. Tout le reste lui donnait l'impression d'avoir fait tout ça pour rien, de se battre chaque jour et de faire de son mieux chaque jour pour rien.

Le reste lui donnait l'impression d'en faire toujours trop mais de ne pas être assez tout à la fois. De n'être jamais suffisant.

D'être trop gentil, mais de ne pas défendre assez ses membres.

D'être trop concentré sur son travail, mais de ne pas prendre assez de temps pour venir leur parler sur Bubble.

D'être trop cringe, mais pas assez accessible.

En somme, d'être trop lui et pas assez ce que les autres voudraient qu'ils soient.

D'être trop ce qu'il avait essayé d'enfouir et qu'il laissait peu à peu ressortir notamment grâce au reste du groupe qui l'encourageait et pas assez cette image que ces autres s'étaient forgée de lui et de laquelle ils refusaient qu'il s'éloigne, quand bien même elle ne lui correspondait pas. 

Et Chan avait fini par ne plus savoir qui il était réellement. Avait fini par se perdre dans cet entre-deux, dans cette infime faille qui séparait ces deux versions de lui. Dans ce creux au-dessus duquel il s'était penché et qui avait fini par l'aspirer tout entier.

C'était une bataille perdue d'avance. Il ne pouvait pas lutter contre toutes ces paires d'yeux constamment braquées sur lui, à attendre le moindre de ses faits et gestes, à décortiquer et analyser et passer sous un microscope chaque son qui sortait de sa bouche, chaque direction que prenait ses yeux, chaque mouvement qu'effectuait son corps. Il n'était pas un géant, encore moins un super-héros. Il n'était qu'un homme. Un jeune homme de vingt-huit ans, qui avait passé plus de la moitié de sa vie, l'essentiel de sa vie, dans ce monde de strass et de paillettes et de faux-semblants qu'était la K-pop. 

Il n'avait jamais eu la moindre chance de se sortir de tout cela sans égratignures. 

Néanmoins, il n'était plus question d'égratignures, aujourd'hui. Ce n'était plus dans sa chair qu'on découpait, qu'on dessinait des petites entailles que le maquillage ferait ensuite un joli travail de couvrir, c'était directement dans son âme. Et pour cela, il n'existait aucun pansement, aucun baume pour apaiser la douleur sourde qui ne le quittait plus une seconde. Les plaies restaient béantes, purulentes. Elles s'infectaient. Se répandaient. Se multipliaient. 

Et Chan les léchait comme un animal blessé, la nuit, quand tout était calme et qu'il ne restait plus qu'elles pour lui tenir compagnie. 

Elles et ces milliers de messages sur les réseaux sociaux qu'il se jurait d'ignorer, mais qui continuaient de l'attirer comme un papillon sur une flamme. Parce qu'au milieu de toutes ces critiques négatives, il y avait l'amour des STAY. 

Et aussi parce que, à force, il était certain qu'il finirait par les lire sans ne plus rien ressentir, sans s'inquiéter des fissures dans son cœur et des larmes qui lui picotaient les yeux.

Un jour, la haine glisserait sur lui sans l'atteindre.

Et l'amour aussi.