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Army Dreamers

Summary:

la guerre est un phénomène étrange, elle gronde et tombe si loin. on l'attend, on se sent prêt à l'affronter quand elle sera là. sans savoir qu'elle l'est déjà.

1979, Tom Jedusor est au pouvoir depuis un an maintenant, les droits tombent autant que les têtes, tous se scrutent en attendant leur tour.

des deux côtés, c'est une jeunesse dévouée qui en affronte une autre, c'est une guerre d'innocence et de tragédie qui attend le monde sorcier. nul n'en sortira indemne.

Chapter 1: Fête nationale

Notes:

(See the end of the chapter for notes.)

Chapter Text

Chaque pas l'avait rapproché de cela. Mot, geste, action, meurtre, manipulation, conduit à obtenir ce qu'il avait toujours considéré comme son dû. Les flammes vertes s'estompèrent aussitôt qu'il quitta la cheminée. Un pas de plus. Les flashs des appareils photos tout autour de lui. Un certain bruit, un émoi presque à son arrivée.
Un pas de plus, il traversait une marre de sorciers. À travers tout ce temps, il avait fini par comprendre que ces gens aimaient le contact. Le savoir ici, connaître son nom, connaître leur vraie menace ou véritable protection.

Tom avait fini par prendre sa place méritée en ce moment. Il gravit les marches de l'estrade et se tourna vers la foule venue pour lui.

Il n'attendit que peu. Sa présence projeta le hall du ministère dans un silence plaintif. Certains visages se crispaient, se taisant douloureusement et présent sous la contrainte. D'autres dont le sourire inspirait encore plus de peur chez d'autres. Quelques jours après la fin de l'année scolaire, alors la foule englobait des enfants de tout âge, difficilement tenus tranquille ou habitués à l'obéissance.

- Bonjour à tous, merci d'être venu aussi nombreux, commença Tom en balayant du regard la masse.

Il s'attarda ici et là sur les quelques murmures perçus aisément. Sans grand étonnement, Frank Longbottom en faisait parti. En plein milieu de l'amas. Tom poursuivit :

- Il y a exactement un an, j'avais également pris place sur cette estrade devant certains d'entre vous, j'en suis sûr, pour remercier de votre soutien dans la campagne menée. Je vous avais également assurer que rien n'avait été gagné lors de cette élection. Toutes les batailles étaient encore à mener, il vit certains hocher la tête, d'autres dont l'immobilité cadavérique le satisfaisait tout autant, et je crois que je peux maintenant être fier de toutes les batailles que nous avons remportées au cours de l'année.

Un peu élan s'étendit progressivement, une excitation dans la masse des sorciers. Tom ne pourrait réellement comprendre la raison des sourire de certains. Il pouvait l'expliquer, mais ne céderait à le comprendre. Le fait de se sentir enfin concerner, englober dans quelque chose de grand, cette volonté presque cannibale de se nourrir de ce que d'autres leur donnaient, d'être sûr d'être là à ce moment-là, d'être ce nous que Tom se moquait à entonner tout temps.

- Chaque changement apporté en cette courte période a finalement transformé notre ministère croulant, notre pays à l'amende en une véritable force. Nous nous sommes extirpés de son cadavre fumant à temps, et nous continuons au moment où je vous parle à nous en éloigner. L'inefficacité et la décadence est leurs mots d'ordre. Je suis ravi de savoir que mon peuple a su voir plus loin et plus haut que la faiblesse de ces hommes.

Frank le regardait droit dans les yeux, deux jeunes garçons avec lui également, certainement Kingsley Shacklebolt aussi mais l'homme était trop loin pour qu'il discerne ses pupilles. Ils jugeaient leur regard impertinent, comme une insulte, toutes autres passaient brièvement sur son regard, fixaient ses mains, ses lèvres, sa posture, le drapeau de son ministère. Tom retint un sourire trop marqué, c'était quelque chose dont il aimait également se rappeler. Des yeux, du dernier regard lancé.

- Nous pouvons acclamer les lois enterrées et celles érigées à leur place durant ces quelques mois. Le cabinet des aurors qui servaient une faible politique est maintenant épaulé par une véritable force sorcière, qui assure l'ordre, son corps ainsi que sa main se tourna progressivement vers les hommes masqués de chaque part, aucun n'est plus là pour la renommée, la richesse ou le pouvoir. Uniquement pour votre sécurité.

Quelques applaudissements leur furent destinés, faibles mais présents.

- De cette même volonté, les contrôles fréquents de chaque sorcier et sorcière entreprise par le Bureau de Veille magique nous permettent de savoir exactement que nous pouvons compter les uns sur les autres, d'écarter toute nuisance. Cela nous a fait redoubler d'efforts, mais ça ne peut que valoir le coup.

Tom marqua une pause, étudiant les réactions, satisfait du silence. Si c'était sans compter sur le départ soudain et sûrement prévu de trois personnes de la foule. Il ne s'en soucia pas plus.

- Ces efforts portent tout autant leur fruit dans nos actions quotidiennes. Je suis, comme vous, rassuré de savoir que l'achat de nos baguettes, de nos livres, et même de notre encre, n'est plus sous le contrôle étroit de certains particuliers mais protégé et sécurisé par notre ministère. Cette nationalisation nous permet d'être serein pour nous et les futures générations.

Son intonation devint plus grave, plus important. La pause légèrement plus lancinante pour tous, car ils savaient que quelque chose d'autre venait mais ignorait quoi. Cela pouvait être grave, ou non, mais c'était inconnu et attendu.

- Cette prochaine année, j'ai le cœur à me concentrer sur cette future génération de sorciers. Le ministère avant nous était une institution miséreuse, mais Poudlard a tout autant été atteint que nous par sa décadence, des hochements de tête assurés se multiplièrent, à son grand plaisir. J'ai alors l'intention de réformer concrètement l'enseignement, la formation et l'accès à cette si illustre école qu'est la nôtre. C'est encore plus pour les jeunes têtes que je vois dans la foule que nous faisons tout cela.

Si des réticences existaient, elles étaient invisibles à l'œil nu, un peu de peur dans les lèvres entrouvertes, de l'appréhension chez les plus jeunes peut-être. Loin derrière lui était les cris et remarques à voix haute durant ses discours. Bien loin derrière.

- Cette année fut un plaisir et une réussite. Mais je ne peux conclure ce discours sans être aussi honnête que je le peux. Ceux que nous avons abandonnés il y a un an ne cessent encore aujourd'hui de vouloir replonger notre société dans leur chaos. Cette menace qui court, cela peut vous paraître anodin, mais de rassemblements clandestins, de petits délits en groupe, de refus de se soumettre, de tentative contre nos actions. Bout à bout, sans action concrète, ces mêmes personnes menaceront les fondements même de nos sociétés. Nous ferons le nécessaire pour identifier et écarter toute menace.

Il finit sur un hochement de tête, long et assuré, concluant un discours parfaitement orchestré.

- Encore merci. Je vous souhaite une agréable journée de fête à tous à travers notre pays.

Le silence s'estompa uniquement lorsqu'il fut sûr que Tom ne reprendra pas la parole. Les applaudissements, acclamations commencèrent à mesure qu'il s'éloignait de l'estrade et prenait le chemin de son bureau. Il devait y retrouver Lucius pour des choses bien plus intéressantes désormais.
Les pierres noires du ministère, polies et brillantes paraissaient diamant face à la pâleur de son teint, du moins, sous le sortilège d'altération.

Un virage abrupt et au fond du couloir se tenait Lucius Malfoy en bruyante conversation avec Frank Longbottom, toujours en compagnie de ses deux jeunes recrues, il imaginait.

- Vous n'avez pas le droit d'interdire au dernier moment un rassemblement politique parfaitement en règle et déjà accepté, s'échauffait l'ancien auror, après ce qui devait déjà être plusieurs minutes de contestation.

Tom ralentit imperceptiblement. De pas à pas, un rythme plus léger, Frank l'attendait maintenant. Tout le monde l'attendait.

- Monsieur, se permit Lucius, avec un sourire espiègle, à son habitude, j'ai beau répété des consignes bien claires, monsieur Longbottom semble prendre aussi mal un refus qu'une défaite.

Le concerné dut se retenir seul de faire monter d'un écran l'altercation car ses accompagnateurs étaient tout aussi prêt que lui au dérapage. Tom hocha la tête lorsqu'il arriva à leur hauteur, indiquant qu'il prenait en charge cela. Lucius s'éclipsa, marchant en premier vers le bureau du ministre.

- Monsieur le ministre, ce rassemblement respecte toutes vos règles, assura Frank dans un dégoût à peine déguisé, une limite de cinquante personnes est fixée, le couvre-feu de ce genre de réunion sera aussi respecté, deux membres des aurors seront présent en la personne d'Alastor Maugrey et Dorcas Meadowes. Rien n'explique le refus.

Alors qu'il énonçait tout cela, Tom s'attarda un peu plus sur les deux sorciers. À peine la vingtaine de toute évidence. Il reconnut les traits Black chez l'un sans pourtant pouvoir y récoler un nom, mais l'autre lui était entièrement inconnu.

- Qui t'accompagne, Frank ?

La question ne lui était pas réellement destiné. Il attendit, un sourcil relevé.

- Sirius Black, balança le premier sans grande surprise.

Sirius, évidemment. Comment avait-il pu oublier ?

- James Potter.

Une voix forte, presque plus mature et assurée que son visage encore enfantin. Des enfants, véritablement.

- Très bien, Tom fit mine de réfléchir durant quelques secondes, sentant l'impatience montée, tu sais bien, je suis sûr, du risque que cours ce genre de rassemblement. Certains des membres de gouvernement ont récemment été attaqué par des rebelles, pouvons-nous réellement risquer des vies civiles pour un débat politique d'un parti mineur ?

Frank resta silencieux, il se contenait. Tom adorait véritablement les regards, car il pouvait désormais voire tout ce que le sorcier souhaitait enfuir en lui, dégoulinant de ses pupilles.

- Et les rassemblements d'aujourd'hui alors, il n'y a pas de danger pour les civils ? rétorqua le Black, visiblement encore plus impulsif que Longbottom.

Tom ne pouvait être surpris de l'intervention, les deux jeunes sorciers bouillonnaient sans se cacher.

- La plupart de ma police, des aurors et encore plus de garde formée patrouillent le pays pour s'assurer de la sécurité. Et bien que je ne doute pas de la puissance de vos chers aurors, cela me parait un risque inutile à prendre.

- Vous n'avez qu'à nous envoyer quelques membres de votre police aussi alors, essaya à son tour James, tout aussi insolent. Considérer cela comme un rassemblement des uns ans de votre mandat aussi. Après tout, dites-vous qu'on fête notre défaite.

Frank se retourna vers lui, jugeant visiblement qu'il était allé trop loin. Tom ricana légèrement, fini par hocher la tête.

- Bien, j'imagine que ce sont des arguments assez intéressants. Tom retourna son attention à Frank. Le rassemblement peut avoir lieu, j'enverrais quelques personnes.

Il tourna le dos sans plus de formalité. Alors que les trois sorciers marchaient dans la direction inverse, James ne put se retenir de se retourner plusieurs fois, jusqu'à enfin voir l'immense porte du bureau s'ouvrir. Ils étaient trop loin désormais, mais de nombreuses personnes étaient présentes. L'un regardait vers lui directement. Trop loin pour en savoir plus.

- T'es en colère contre nous, Frank, finit par demander Sirius, après quelques minutes à marcher et un ascenseur pris.

Aucune réponse, et les trois passèrent par les cheminées magiques dans le silence.

- Alors ? Alice les accueillit instantanément, un regard toujours inquiet, et prête au pire.

- On peut le faire.

Frank répondit simplement, expliquant rapidement les détails plus fâcheux.

- S'il te plait, mon cœur, peux-tu nous faire deux cafés noirs et un café au lait ? demanda-t-il après un bref baiser.

Sirius et James ne bougeaient toujours pas, attendant un impact sévère qu'ils savaient impossible en réalité.

- Frank, je suis désolé.

C'était James. Même s'il ne l'était pas. Les personnes qu'enverraient Tom ne changeraient rien. Ils étaient tout le temps surveillé dans ce genre de moment, qu'ils le sachent ou non.

- Il y avait une raison pour laquelle je vous ai demandé de vous taire.

Les deux meilleurs amis étaient pendus à ses lèvres, attendant la réprimande pour qu'elle soit enfin passée.

- Ce n'était pas parce que je ne vous pensais pas capable d'aider mais parce que je ne voulais pas qu'il vous considère de la moindre manière comme une menace active, affirma-t-il en alternant son attention sur les deux.

- Cela serait arrivé d'une manière ou une autre.

Sirius leva les mains en l'air, comme pris sur le fait quand Alice le fusilla du regard depuis la cuisine.

- On doit déjà être surveiller depuis qu'on a retiré nos candidatures pour être auror. On le sera juste un peu plus. Et puis Sirius a raison, cela serait arrivé à un moment.

Évidemment, comment rétorquer ? Frank hocha la tête et soupira.

- Ce n'est pas le plus important, ce qui importe, c'est qu'on puisse se voir en public. Merci Alice, en prenant sa tasse, il rajouta du sucre dans le café au lait de James avant de lui tendre. Comme cela, on pourra réellement déterminer qui est encore assez courageux pour s'affirmer contre le gouvernement, qui hésite, et les profils.

- Les garçons, commença l'ancienne auror, comprenez qu'on ne se berce pas d'illusion. Tout le monde est déjà en danger, même vous. Mais vous rendre cible directe du ministre n'est pas tout de même pas la meilleure chose.

Frank et Alice leur faisaient face et malgré les simples quelques années qui les séparaient, le couple faisait déjà bien plus vieux, plus expérimentés.

- Alors, c'est quoi le programme de la semaine à part ça ? s'impatientait déjà Sirius, finissant son café d'une traite.

- Ça dépendra de ce que les autres pourront nous donner comme infos du ministère, pareil pour Pettigrew, la voix calme d'Alice invitait son interlocuteur à se calmer légèrement, c'est un peu compliqué de se projeter. Il sait que certains agissent directement contre lui maintenant, et il n'hésite plus à arrêter et contrôler pour rien.

James et Sirius restèrent statique tandis que Frank validait ses propos. La même pensée traversait leurs deux esprits : ils n'allaient tout de même pas rester sans rien faire.

- Remus va bientôt finir le travail, vous devriez y aller tous les deux, conclut Frank, désespéré de s'accorder une sieste avant ce soir.

Une longue gorgée de café brûlant, et James suivait Sirius jusqu'à la cheminée.

- Ah et avant que j'oublie. Un arrivage d'Ollivander, faites attention à vous en y allant.

Ils promirent à Alice et disparurent aussitôt dans les flammes vertes.

Le chemin de traverse était bruyant, plus que d'habitude à cette même période. De nombreux commerces affichaient des promotions, des produits spéciaux, tout au nom des uns ans de l'élection, tout pour être sûr de pouvoir ouvrir le lendemain.

- J'en peux plus de ne rien faire, laissa couler Sirius entre ses lèvres alors qu'ils slalomaient la foule. C'est comme ça depuis des mois.

- Je sais, mais c'est pas comme si on savait vraiment quoi faire non plus

- On pourrait essayer, affirma Sirius, marchant en arrière pour donner plus d'impact à sa demain, yeux dans les yeux. Commencer à réfléchir, à s'organiser entre nous, tenter des trucs. Je suis sûr que tout ensemble, on peut faire plus que des stupides rassemblements politiques.

James était loyal. Très loyal, trop sûrement. Et à travers Sirius, il voyait Frank en colère, déçu, dépourvu de la moindre confiance envers eux. Mais c'était à travers Sirius tout de même qu'il voyait cela. Sirius qui répercutait toujours une pensée que James avait eu avant, en même temps, quelques secondes après. Car il pouvait se mentir à lui-même mais pas à lui.

- Tu rêves de ça autant que moi, Prongs !

Il ne put retenir le rire communicatif de Sirius alors qu'ils tournèrent abruptement vers Florian Fortarôme. Sur leur table habituel, Peter était déjà assis avec Marlène, épluchant photos après photos.

- Quoi de neuf, les paparazzis ?

Sirius s'affala près de Wormtail, un œil lorgnant déjà sur les clichés sur la table.

- Pas grand-chose, on reconnait personne sous ses masques. Les mains aident pas, ni la posture. On dirait des copies conformes des autres, se plaignait Marlène en s'attardant sur les photographies de la police. Enfin si, ça c'est un des Lestrange, évidement.

Son doigt pointait un homme à la carrure particulière impressionnante qui n'étonna personne. Connaître leur ennemi était un avantage qui leur avait été pris par le ministère également. Chacun de ceux qu'ils pouvaient suspecter directement d'être de la police secrète, ou d'une garde encore plus rapprochée finissaient par réapparaître dans la journée, travailler légalement quelque part, être en règle.
Rien n'était sûr. Qui était avec qui ? Qui était où ? Même Lestrange pouvait être un parfait citoyen au moment où ils parlaient.

- Doucement avec les noms, Marlène, rallât Remus en posant une glace menthe devant Sirius et caramel devant James.

- Moony ! s'exclama Sirius en levant les yeux jusqu'à lui.

- On s'est vu ce matin, Sirius...

Le soleil qui plongeait James dans une vision approximative ne put l'empêcher de voir un sourire s'étendre sur le visage de Lupin.

- Je sais, je sais.

Il força rapidement le pseudo-marchand de glace à s'asseoir avec eux. Sa journée était finie et le comptoir fermé de toute manière, il n'attendait plus qu'eux pour partir.

- Ma mère a préparé les lits pour une sieste avant ce soir, on se retrouve là-bas après ? indiqua James, sa glace déjà engloutie.

- Qui va chercher Mary ?

Peter releva la tête en rangeant les photos, attendant une main levée quelque part.

- Dorcas, elle était au ministère toute la journée. Ils l'ont encore forcé à ne faire que des papiers, annonça Marlène, prévoyant déjà l'état dans laquelle Meadowes allait être toute la soirée.

Chacun pesta silencieusement contre la situation actuelle, le vide, l'inaction.

- Sirius, James..., un appui peu discret sur son nom. Vous allez chercher Lily, j'imagine.

Sirius fit non de la tête à la remarque de la blonde, cuillère dans la bouche. James indiqua à sa place qu'il était attendu pour un colis.

- Très bien..., Peter réfléchit quelques secondes. Je ne peux pas laisser Marlène rentrer seule chez Lily et Mary, affirma le jeune homme, se moquant que son amie lève les yeux au ciel. Je la ramène rapidement, on vérifie tout et je vais chercher Lily. Remus, tu vas avec Prongs et Padfoot ?

Le concerné hocha la tête.

- Parfait ! Tout le monde a quelqu'un, on peut y aller ! acheva Sirius.

Le petit groupe se sépara comme à leur habitude. Peter et Marlène disparurent dans un pop tandis que les trois autres s'enfonçaient plus difficilement dans les allées. Ils passèrent la boutique d'Ollivander sans s'y attarder mais non sans un pincement.

- Allez, Moony, n'hésite pas à grogner si on nous regarde trop longtemps, railla le Black, entrant à son aise dans l'allée des embrumes.

- Dit-il...

Sirius fit mine de grogner sur Remus qui peinait à réellement l'ignorer malgré sa tête bien droite. Les trois garçons furent rapidement plongés dans le silence étrange de cette allée, surtout en pleine journée. Bien que sa réputation soit atteinte par les récents évènements, qu'est-ce qui était réellement illégal à présent ? Quels crimes étaient commis ici qui n'était pas défendu sous le soleil du chemin de traverse ? Tout était mélangé.
Ils entrèrent dans un magasin de matières premières : bois, plumes, essences d'animales, de plantes, certains produits manufacturés, peu de matières premières réellement classiques en réalité. Une boutique où définitivement personne ne rentrait sans savoir exactement ce qui était voulu.

- T'es sûr que c'est ici, murmura James à l'oreille de Sirius.

- C'était écrit ça sur le planning.

- Super discret, les débiles.

- On t'emmerde, Remus, balança Sirius avant d'avancer dans le commerce.

La boutique était entièrement vide. Aucune âme, pas même derrière le comptoir. C'était le moment de chercher. Chacun prit un coin différent, faisait mine de regarder les articles sans intérêt réel, fixait chaque chose qui sortait du lot avec attention.
Ils ne regardèrent pas la porte lorsqu'elle s'ouvrit, une sonnette affreuse l'accompagna. C'est les bottes qui furent le plus dur à ignorer. Grinçant et claquant sur le parquet noir de la boutique.

- Black...longuement sur la langue de Macnair, un sourire narquois sur le visage.

Pris sur le fait, Sirius se retourna, James et Remus à leur tour.

- Ah, évidemment, les deux autres sont là aussi. Où est le petit ? demanda-t-il rapidement, visiblement déçu de ne pas avoir tout le troupeau.

- Ça te regarde pas, mais le boiteux est juste là. Comment va ta jambe, Wilhelm ?

Il grinça des dents, la main resserrée sur sa canne et il fusilla du regard James.

- Qu'est-ce que vous foutez là tous les trois ?

Sa patience s'effritait toujours aussi rapidement, à leur plus grand plaisir.

- Y a-t-il la moindre raison pour laquelle on devrait te répondre, hm ? Sirius s'approcha un peu, les yeux posés sur la jambe droite de Macnair, il pouvait presque voir le genou tordu du sorcier. Aux dernières nouvelles, on va encore où on va.

- Pour l'instant.

Leur altercation tourna court lorsque le gérant de la boutique daigna finalement revenir de l'arrière-boutique. Il tenait visiblement un colis pour Macnair qui le récupéra aussitôt.

- Puis-je vous aider ? déclara-t-il, ravie de voir aussitôt les trois garçons déclinés.

Il s'en alla rapidement, retourna étrangement dans l'arrière-boutique, sans se soucier des jeunes gens encore présents.

- Avec tous les évènements aujourd'hui où vous pourriez être en cette belle journée, je dois dire que cela reste étrange de vous voir traîner sans but évident ici-bas. Je pourrais facilement faire un signalement.

- Est-ce une accusation ? sourit James en trifouillant dans les bonbons posés à la caisse.

Des bonbons tous noirs et un seul rouge. James s'en saisit avant de balancer deux autres bonbons à ses amis.

- Une simple remarque, bien sûr. C'est pour les acheteurs, fit remarquer Wilhelm en pointant les bonbons du menton alors que les trois sorciers s'avançaient vers la sortie.

- Cadeau de la maison pour cette belle journée, pas vrai ?

Fut la dernière remarque de James avant de claquer bruyamment la porte derrière lui. Pop. Les trois sorciers débarquèrent dans le salon des Potters, celui-ci était encore vide. Cela n'empêcha pas James et Sirius de vérifier les autres pièces tandis que Remus rendit son apparence réelle au bonbon pris.
Une énorme caisse prit place au milieu de la pièce. Tout était dedans. Baguettes, nécessaires à potions, parchemins intraçables et d'autres objets emballés dont les garçons préférés ignoraient l'utilité.

- On va parler de ce magasin ou non ? fit par avancer Sirius, tout de même à voix basse.

- C'est tellement une vitrine pour autre chose, c'est sûr, mais quoi ? Remus poursuivit en cataloguant rapidement le nombres d'outils récupérés.

- Ollivander a sûrement exprès de mettre le colis-là ! Pour qu'on voit ça en même temps ! James s'excita, autant que Sirius à ses côtés.

- Tout le monde va bientôt arriver. On en parle après ce soir à Peter et on avise, d'accord ?

Ils hochèrent la tête à la demande de Remus, mais leurs trois esprits étaient déjà remplis d'une excitation enfantine qui les avait quittés avec Poudlard. Une excitation presque malsaine, mais enfin grisante.

Notes:

c’est mon premier post sur ao3 je suis terrifiée !!!!!! j’espère que ça vous plaira !!! n’hésitez à me faire la moindre remarque !