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La flèche avait clairement été de trop.
Depuis son départ, Marie-Jeanne avait subi et supporté bien des choses. Repoussé une attaque surprise de gobelins. Écouté des chants de sirènes sur plusieurs kilomètres. Séparé des compagnons de voyage quand la tension était trop haute. Nettoyé les ailes de Johnny. Dévalé une colline poursuivi par des furets hyperactifs.
Mais la flèche aquatique tirée par Sadia par pur objectif de prouver sa supériorité et qui venait d’éteindre le feu que Marie-Jeanne venait d’allumer fut l’élément de trop.
Marie-Jeanne releva la tête pour contempler le camp. À l’instant où les flammes s’étaient éteintes, tout le monde s’était tu. Sadia avait toujours l’arc en main, un bras tendu comme si elle venait de décocher la flèche (ce qu’elle venait évidemment de faire). À ses côtés, Ziggy était devenu bien plus pâle qu’à son habitude, et l’herbe se fanait légèrement sous ses sabots. Assise devant les restes du feu, Cristal avait cessé de rire et paraissait se fondre dans le décor. Les plumes de Johnny étaient ébouriffées comme s’il craignait une offensive.
Mais Marie-Jeanne ne cria pas. Iel soupira simplement, avant de se lever et épousseter ses vêtements couverts de suie. L’air était toujours humide et le vent soufflait autant qu’hier. Il lui avait fallu des heures pour allumer ce feu.
“Je vous laisse le rallumer”, annonça-t-iel avec un calme menaçant.
Puis iel quitta la clairière pour s’enfoncer dans les arbres sans dire quoi que ce soit d'autre.
La forêt dans laquelle le groupe s’était installé était dense, mais pas hostile. Les créatures que Marie-Jeanne croisa confirmèrent leurs conclusions, entièrement indifférentes à l’humain qui traversait leur domaine. Au bout de plusieurs minutes, iel parvint à la rivière où le groupe avait récupéré de l’eau la veille. Cristal avait affirmé que c’était une rivière puissante et ancienne, mais la jeune humaine ne se posa pas de questions et s’assit sur une des pierres qui la bordaient.
Tant de choses s’étaient passées depuis le jour où Marie-Jeanne avait suivi Johnny et Sadia pour réparer les torts de Zéro. En tant qu’humaine, iel se sentait responsable des actes commis par ses semblables, et ceux de Zéro Janvier étaient particulièrement dangereux et nocifs pour toutes les espèces. Iel avait voulu changer son quotidien morne, voyager, apprendre de nouvelles choses. D’une part, c’était réussi. D’une autre, la nouvelle vie de Marie-Jeanne était épuisante. Iel passait tant de temps à s’inquiéter pour ses compagnons de voyage. Ce n’était pas vraiment un problème, mais iel aurait apprécié que les autres fassent aussi plus attention.
Ziggy étant son meilleur ami de longue date, il l’avait suivi au grand dam de Sadia avec qui il s’entendait mal, “pour vivre une vraie aventure”. Même si Marie-Jeanne était contente d’avoir son ami à ses côtés, iel se serait passé des chamailleries entre Sadia et lui. Mais Ziggy était un satyre, et même s’il ne possédait aucun trait cliché de son espèce, il avait une fierté et un ego aussi grand que les bois sur son crâne. Quand Sadia le prenait un peu trop de haut, il mordait à l’hameçon et oubliait l’objectif principal de leur quête : arriver à la capitale avant Zéro et l’empêcher de continuer à régner sur leur monde.
À vrai dire, même la phase finale de leur quête changeait selon les participants. Marie-Jeanne n’était pas quelqu’un de violent et souhaitait que Zéro soit emprisonné pour ses crimes envers diverses espèces. Ayant grandi à l’écart dans une forêt, Ziggy se mettait difficilement à la place des autres et s’intéressait peu au sort du tyran. Sadia et Johnny, eux, prévoyaient de tuer Zéro le plus vite possible. Ils n’avaient jamais évoqué cette partie du plan, peut-être par peur d’être délaissés ou pour ne pas être empêchés, mais il n’était pas dur de le deviner. Quant à Cristal, elle avait le même avis que Marie-Jeanne, bien qu’elle préfère que des châtiments corporels soient employés. C’était une pratique commune chez les fae lorsqu’un contrat ou une promesse était rompu, mais Marie-Jeanne ne pouvait s’empêcher de frissonner en y pensant.
Les premières semaines avaient sans doute été les plus dures. Entre Ziggy et Sadia qui se disputaient en permanence, Johnny qui se braquait à chaque inconvenance, Marie-Jeanne qui avait une endurance plus basse que les autres, l’ambiance était fréquemment tendue. Et puis Cristal était apparue. Littéralement. Alors qu’ils traversaient des champs couverts de fleurs, le groupe avait soudain aperçu une silhouette assise parmi des coquelicots. Sublime, inaccessible, se fondant presque avec les fleurs autour d’elle, elle leur avait posé beaucoup de questions. Sadia avait été la plus méfiante, rappelant à tous que les fae kidnappaient ceux qui donnaient trop de renseignements personnels ou rompaient leur promesse. Mais Cristal elle-même avait juré ne vouloir aucun mal, et était très curieuse de ce petit groupe hétérogène et original.
Elle avait fini par les suivre. Elle ne connaissait pas Zéro Janvier mais Johnny lui avait expliqué patiemment jusqu’à ce qu’elle soit aussi déterminée que les autres à arrêter l’homme. Son attitude joyeuse avait rapidement dissipé la plupart des tensions, même si Sadia ne lui faisait toujours pas confiance. Marie-Jeanne soupçonnait la jeune femme d’être méfiante à cause de la rivalité ancestrale entre les fae et les elfes aquatiques pour une vieille histoire de territoire, mais n’en dit jamais rien à cette dernière. La situation s’était tant améliorée depuis plusieurs semaines qu’iel préférait ne pas déclencher de disputes inutiles. Mais tout à l’heure, Ziggy avait nargué Sadia, Cristal avait ri, Johnny avait haussé les épaules et l’elfe avait répondu aux provocations. Marie-Jeanne aurait préféré que ses compagnons de route laissent parfois leur ego de côté et soient plus attentifs.
Devant l’humaine, la rivière clapotait doucement. Iel poussa un long soupir. Ses jambes lui faisaient mal, sans doute à force d’avoir autant marché durant les derniers mois. Iel s’épuisait bien plus vite que les autres. Quand Ziggy trottait devant, quand Cristal semblait presque léviter tant ses pas étaient légers, quand Sadia utilisait ses longues jambes à son avantage, iel restait en arrière. Au fur et à mesure, c’était devenu une habitude, la place qu’iel prenait. Seul Johnny restait fréquemment à son niveau. Il marchait rarement, battant plutôt de ses grandes ailes noires en posant les yeux un peu partout. Mais il aimait visiblement la compagne de Marie-Jeanne, aussi voletait-il à ses côtés. Il parlait peu, mais écoutait les histoires que lui racontait l’humaine avec avidité. Iel lui parlait des voyageurs croisés dans son ancienne taverne, des paysages qu’ils lui décrivaient, des légendes lues dans ses livres. Les rares fois où Johnny prenait la parole étaient pour poser des questions à priori détachées, mais Marie-Jeanne pouvait voir l’étincelle intéressée dans ses grands yeux.
C’était la même étincelle qu’iel avait vu lorsqu’il l’avait approché à la taverne pour la première fois, les cheveux en bataille et couvert de griffures. Il avait longtemps observé les cartes que Marie-Jeanne aimait dessiner dans son temps libre, accrochées aux murs. Il les avait trouvées belles.
“Mon amie et moi cherchons un cartographe, avait-il dit. On ne connaît pas assez bien le territoire. Tu as fait ces cartes toi-même ?”
Le lendemain, il était revenu. Et le jour d’après. Enfin, quelques jours plus tard, il avait ramené ladite amie, une elfe aquatique aux yeux sombres et perçants et aux cheveux azurs. Elle lui avait exposé leur plan. Et Marie-Jeanne avait refusé. Iel avait fermé la taverne et était montée dans sa chambre. Seule dans la pièce, iel s’était allongée. Au bout d’une heure ou deux, le silence était devenu trop pesant. La serveuse s’épuisait avec ce travail qui ne faisait que la faire survivre. Iel voulait vivre et voir le monde. Et Zéro devenait de plus en plus dangereux, de plus en plus instable. Il régnait sur une terre libre qui n’aurait pas dû lui appartenir, obtenue uniquement par sa fortune et sa puissance militaire. Les lois qui avantageaient toujours plus les humains faisaient souffrir les habitants. Et Marie-Jeanne avait beau se convaincre qu’iel ne faisait pas attention à ce qui l’entourait, la jeune humaine détestait voir cette souffrance.
Ce soir-là, iel avait quitté sa taverne sans se retourner, un sac sur les épaules. Ziggy, venu pour jouer aux cartes, l’avait suivie par curiosité et soif d’aventure. Quand tous deux étaient parvenus à trouver l’endroit donné par Sadia, cette dernière et Johnny les y attendaient, comme s’ils savaient que Marie-Jeanne finirait par les rejoindre.
Il avait fallu quelques jours à Marie-Jeanne pour demander à Sadia comment ils comptaient s’y prendre pour renverser la tyrannie de Zéro. Elle était toujours restée évasive sur le sujet, et ne donnait jamais de véritables réponses. Même Johnny n’en avait aucune idée. Leur seule information : rejoindre une ville portuaire d’ici trois semaines. Marie-Jeanne aurait aimé pouvoir dire qu’ils y étaient parvenus rapidement, mais le trajet avait été compliqué. Des braconniers humains avaient tenté de scier les bois de Ziggy et les ailes de Johnny, puis une tempête avait ralenti leur progression. Enfin, il y avait eu la colline aux furets. Mais s’il y avait bien une chose sur laquelle le groupe s’était mis d’accord, c’était là-dessus. On ne parlait pas de la colline aux furets.
Quand enfin, avec deux jours de retard, ils avaient atteint la ville, Sadia avait avoué avoir peu d’espoir que sa source y soit toujours. Elle avait guidé ses compagnons à travers les rues bondées, sans prêter attention aux passants qu’elle bousculait et qui la regardaient avec un mélange d’irritation et de peur. La plupart des habitants en bord de mer connaissaient les elfes aquatiques, qui ne quittaient leur domaine que pour très peu d’occasions, et ainsi le groupe n’avait pas été embêté par qui que ce soit.
Sadia les avait fait entrer dans une minuscule maison presque cachée, au détour d’une ruelle. Marie-Jeanne frissonna en repensant à l’obscurité de l’endroit. Iel ne se souvenait que trop bien de la silhouette encapuchonnée qui les avait accueillis.
“Vous êtes en retard, avait commencé une voix aiguë, ma maîtresse a dû partir.
- Je m’en doute, avait froidement répliqué Sadia. Ce qui m’importe, c’est d’obtenir l’information.
- Il sera à Monopolis, dans son château. Il souhaite envahir de nouveaux territoires et éradiquer ses occupants. Ma maîtresse sera sur place et vous fera rentrer. Un des gardes personnels de Zéro a changé le parcours de patrouille pour vous faciliter la tâche et fermera les yeux sur votre intrusion.”
Là-dessus, l’inconnue avait fait volte-face et s’était enfuie par la porte de derrière. Sadia avait soupiré, rangé la carte dans la bandoulière de Johnny, et proposé à tout le monde d’établir un camp non loin de la ville, le temps de se reposer et d’étudier la carte. Mais même-là, elle avait refusé de dévoiler l’identité de son informatrice, répétant simplement que ça n’importait pas. Marie-Jeanne pensait qu’à l’inverse, si l’informatrice pouvait les trahir ou les tromper, ça importait beaucoup, mais l’elfe ne lâcha pas prise.
Même après l’arrivée de Cristal, elle ne donna jamais d’informations sur qui l’avait informée et comment elle la connaissait. Les autres finirent par abandonner, bien que Johnny paraissait vexé d’être laissé dans l’ignorance en tant que meilleur ami de l’elfe.
Marie-Jeanne s’étira, observant son reflet dans le ruisseau. Combien de temps avait-iel passé ici, à se remémorer les derniers mois ? Le soleil avait continué sa course et la forêt était désormais parsemée d’éclats orangés. Ses compagnons s’inquiétaient peut-être de son absence prolongée. Iel se leva et épousseta rapidement sa tunique, avant de rebrousser chemin et rejoindre la clairière de leur campement.
La forêt était toujours calme, mais au fur qu’iel approchait la clairière, l’humaine perçut des voix. D’abord celle de Ziggy, tendue :
“C’est difficile d’avoir aussi peu d’informations. On sait où on va, mais après on fait quoi ? Je comprends que tu veux pas mettre ton plan en péril…-
- C’est pas uniquement ça, coupa la voix de Sadia. Je veux bien vous expliquer les détails, mais c’est trop tôt. Mon informatrice a risqué sa vie pour nous aider, et après tout ce que Zéro a fait, on doit lui faire payer.
Étonnamment, sa voix n’était ni froide, ni hostile. Marie-Jeanne avança le plus discrètement possible. Si les autres remarquaient sa présence, peut-être ne finiraient-ils jamais cette conversation.
- Informatrice dont on ne connaît pas le nom, intervint Cristal (de là où iel se tenait, Marie-Jeanne pouvait voir qu’elle attisait un nouveau feu de camp tout en faisant éclore et faner des fleurs en boucle dans sa main). Si ça se trouve, c’est un piège.
- On ne sait pas comment tu la connais, renchérit Johnny en fronçant les sourcils.
Sadia souffla et jeta un galet à Johnny. Marie-Jeanne se raidit, terrifiée que la situation dérape, mais iel remarqua le rictus sur les lèvres de l’elfe et la rapidité avec laquelle le jeune avian attrapa la pierre en retour.
- Si j’avais su que vous deux vous ligueriez pour faire de ma vie un enfer, railla Sadia sans méchanceté, j’aurais laissé l’autre fée dans son champ.
- Fae, corrigea Cristal. On ne pourrait même pas avoir son nom ?
Johnny s’apprêtait à parler quand il leva la main pour intimer aux autres de se taire. Dégainant une dagne, il déplia ses ailes sombres autour de lui comme un bouclier et se leva lentement.
- J’ai senti une présence, marmonna-t-il en penchant la tête sur le côté.
Marie-Jeanne sentit qu’il valait mieux s’identifier comme ladite présence avant de finir criblée de flèches et recouvertes de coups d’épée, et s’avança dans la clairière en levant les bras.
- Si tu pouvais éviter de me tuer, plaisanta l’humaine, ce serait parfait.”
“MARIE-JEANNE !!
Immédiatement, Ziggy se leva et fut sur elle en quelques bonds. Se jetant à son coup (peut-être d’un peu trop près à en juger par la proximité entre ses propres yeux et les bois du satyre), il s’exclama :
- Je commençais à m’inquiéter pour toi ! Pars pas aussi longtemps !
L’humaine trouva cette remarque amusante et assez hypocrite en repensant à toutes les fois où Ziggy avait oublié de lui rendre visite et lui rappeler qu’il était en vie.
- J’étais juste à côté, expliqua-t-iel, si tu me cherchais tu m’aurais trouvé rapidement.
- On s’est dit que tu avais besoin d’air.
Cristal, qui venait de parler, avait pris un air gêné. Pointant vers le feu, elle ajouta :
- Je l’ai refait.
- Sadia a aussi aidé, renchérit Johnny avec un sourire en coin.
Cette dernière haussa les épaules.
- Je te présente mes excuses, MJ. J’aurais pas dû tirer cette flèche.
- J’aurais pas dû mettre de l’huile sur le feu, compléta Ziggy.
Tous deux semblaient mal à l’aise : Marie-Jeanne savait qu’ils n’avaient pas l’habitude de s’excuser. Cependant, iel eut une idée et leur répondit :
- Merci, mais j’accepterais les excuses à une condition. Le nom de l’informatrice. La confirmation qu’elle ne nous trahira pas au dernier moment.”
Johnny pouffa de rire, comme s’il trouvait la requête particulièrement inattendue. Lorsqu’il releva les yeux, il lui fit un signe discret comme pour lea féliciter d’y avoir pensé. Sadia croisa les bras et fronça les sourcils, mais Marie-Jeanne savait qu’iel avait gagné. S’asseyant près du feu, iel attendit. Ziggy lea rejoignit et s’agenouilla en ricanant. Johnny s’installa à ses côtés, tandis que Cristal faisait disparaître les fleurs de sa main d’un souffle.
Devant cette assemblée attentive, Sadia eut l’air résigné et débuta :
“C’est une sirène qui connaît bien Zéro. Elle l’a épousé en espérant préserver les siens d’un massacre ou d’une oppression, mais les autres sirènes l’ont reniée suite à ça. Elle est coincée dans un environnement d’humains qui la traitent comme un objet, une créature sous-évoluée qui est là uniquement grâce à sa beauté et son chant envoûtant.
- Quand tu dis ça, interrompit Cristal, ça ressemble un peu à…-
- J’y viens, j’y viens ! Je ne sais pas exactement comment est Zéro envers elle mais je me doute qu’il est aussi gentil avec elle qu’avec le reste des non-humains. Je l’ai rencontrée il y a bien longtemps, et plus récemment elle m’a dit que si je souhaitais toujours le renverser, elle pourrait m’aider, et de revenir au même endroit un an après, quand elle aurait récupéré des informations.”
Un silence pesant s’installa dans la clairière. Marie-Jeanne avait la tête qui tournait. L’informatrice était sans doute fiable, mais savoir ce qu’elle avait dû vivre était déchirant.
“C’est la sirène Stella Spotlight, fit remarquer Johnny. J’en ai entendu parler. Je sais juste qu’elle participait à des spectacles avant.
- Exact, approuva sa meilleure amie. Elle veut se libérer et se venger tout autant que nous.
- Merci Sadia, finit par dire Marie-Jeanne, c’est rassurant dans un sens. J’accepte tes excuses. Autre information importante à déclarer ?
- Johnny a peur des orages.
- Hey !
Celui-ci avait pâli, outré, pendant que ses compagnons de voyage éclataient de rire, et battait maintenant des ailes comme pour se débarrasser de sa gêne.
- Pas de soucis petit oiseau, plaisanta Ziggy en ébouriffant les cheveux de l’avian, avec nous tous tu risques rien !
Johnny s'empourpra légèrement, avant de changer de sujet :
- En tout cas, en savoir plus sur Zéro m’a donné envie de le trouver tout de suite. On pourrait voyager de nuit pour atteindre Monopolis plus rapidement ?
- Ça épuiserait tout le monde et surtout Marie-Jeanne, intervint Cristal en grimaçant. On a tous besoin de repos. Surtout après s’être comportés comme une bande d’imbéciles tout à l’heure.
- Quand tu dis imbécile tu parles aussi de moi ?, geignit Ziggy. Pas sympa !
- Quand la biche aura fini de pleurer, je propose qu’on mange tous et qu’on se repose.
Recevant un regard sombre, puis un rictus de Ziggy pour ses paroles, Sadia s’étira et agrippa le sac de victuailles.
- Ça tombe bien !, se réjouit Cristal. J’avais vraiment faim.
- Tu as toujours faim.
- Même pas vrai !”
Cette fois-ci, les compagnons de Marie-Jeanne se chamaillaient sans animosité. L’humaine sourit en les observant. Iel était heureuse d’avoir trouvé des amis comme eux. Et à vrai dire, iel était convaincu qu’à eux cinq, avec l’aide de Stella, parviendraient à renverser la tyrannie de Zéro.
