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le Faf à Faf

Summary:

Pour son Président, Gabriel serait prêt à tout. Même fricoter avec la machine à caca la plus populaire de France.

Notes:

DISCLAIMER: cette fiction est strictement satirique. Je baise les fachos, les libéraux, les conservateurs et le PS. Je ne soutiens ni Bardella ni Attal. Je lèche les pieds de Mélenchon. Vive le wokisme.

Chapter 1: Mission

Chapter Text

Au sein de la majorité présidentielle, et sans doute partout dans la sphère politique, tout le monde savait que le nouveau Premier ministre servait de larbin au Président de la République. Gabriel Attal était un marcheur de la première heure, mais il était devenu bien plus que ça au fil des années : un véritable coureur. 

Il était prêt à endosser n’importe quel rôle, à défendre n’importe quel scandale, Gabriel le faisait avant tout pour son Président, pas du tout pour gravir les échelons. Il ne trahirait jamais son Président. Sa loyauté était sans faille, qu’importe s’il devait incarner pour l’opposition le visage du plus grand des larbins de Renaissance.

En parlant de larbin, le Premier ministre dut interrompre sa lecture d’un feuillet très important sur les éléments de langage à adopter pour légitimer les violences policières, car le prestigieux parquet de l’hôtel de Matignon vibra sous les pas d’une petite touffe ébène. Petite touffe ébène qui n’avait pourtant rien à faire ici.

Volta, sa petite chienne, semblait très contente de poser ses pattes sur un parquet qu’elle n’avait pas le droit de fouler. Mais avant que Gabriel ne la sermonne et l’interroge sur sa présence, une de ses collaboratrices fit irruption dans son bureau avec un air hagard.

– Toutes mes excuses monsieur le Premier ministre ! 

Après un effort important pour récupérer Volta et la garder sous un bras déjà chargé de dossiers, sa collaboratrice replaça ses lunettes.

– Je m’excuse de débarquer ici avec Volta, mais je viens tout juste de recevoir un appel de l’Élysée. Monsieur Macron voudrait vous voir dans les plus brefs délais. Apparemment c’est très urgent. 

Il n’en fallut pas plus à Gabriel pour balancer sa fiche dans un coin de son bureau et boucher le capuchon de son très luxueux stylo plume. 

– C’est à quel sujet ? 

– On ne me l’a pas spécifié.

En chemin vers l’Élysée, Gabriel ne prit même pas le temps de faire son BeReal ni d’écouter la radio ou encore faire la conversation à son chauffeur, ses yeux pouvaient montrer au monde entier qu’il n’avait qu’une seule préoccupation. Voilà maintenant bien longtemps que Gabriel était supposé s’être accoutumé aux entretiens avec le Président, surtout les plus exclusifs qui s’ajoutaient à sa nouvelle fonction au gouvernement, mais il y avait en réalité le même stress que la première fois. Monsieur Macron dégageait un charisme auquel il était difficile voire impossible de rester indifférent. C’était un président habile, tactile, que même la calvitie n’arrivait pas à emporter sur son chemin.

Le Président était une importante source d’inspiration pour Gabriel, et ce depuis de nombreuses années. Il ne se cachait pas de cette admiration, c’était même une fierté de pouvoir ressembler à un homme aussi impressionnant. 

Gabriel refréna même un tremblement sournois quand le Président l’accueillit dans une des grandes et spacieuses pièces de l’Élysée. Ils échangèrent une poignée de main, dans laquelle Gabriel crut un instant qu’il ne retrouverait pas sa main saine et sauve sous la force d’Emmanuel. C’était une de ses manières de mettre son invité le plus à l’aise possible, comme s’il fallait finir avec les phalanges fracturées pour se sentir le plus bienvenu. Gabriel porterait volontiers une attelle si ça lui permettait de comprendre à quel point il était estimé par le visage de la France. 

Emmanuel n’attendit pas plus longtemps avant de refermer la porte et de prendre place sur un des fauteuils en velours en face de son bureau, dont les coussins étaient beaucoup plus confortables que ceux de Matignon. Peut-être qu’un jour les soifs d’ambition de Gabriel l’emmèneront à la place d’Emmanuel, mais pour l’instant il feignit d’être suffisamment à l’aise dans cette pièce pour rester debout en face de lui, comme un bon soldat.

– Vous vouliez me voir de toute urgence, il commença après s’être éclairci la voix.

– Oui tout à fait, Emmanuel frappa des mains, prenant tout de suite l’ascendant sur leur future conversation. Les sondages pour les européennes sont tombés ce matin. Sans surprise le RN est largement en tête. Valérie est seulement deuxième mais le PS a la côte en ce moment, il n’est pas impossible qu’on dégringole encore.

Évidemment, Gabriel saisit que la situation n’était pas avantageuse. Elle était même plutôt alarmante s’ils prenaient en compte les résultats des précédentes élections européennes il y a cinq ans, où La République en Marche avait talonné avec brio la liste du Rassemblement National. 

Il fallait venir avec une nouvelle stratégie qui, ils le savaient tous les deux, n’impliquait pas l’affreux cheveu sur la langue de Valérie Hayer. Depuis le début de la campagne, Gabriel n’arrivait toujours pas à saisir d’autres raisons valables à l’acquisition de son poste si ce n’était ce storytelling de fille d’agriculteurs duquel personne n’était dupe.

– Il va falloir reprendre la main Gabriel, et je sais que je peux compter sur toi.

Gabriel posa ses mains sur le dossier d’un des fauteuils, prêt à recevoir les ordres de son Président. Au fond, une part certaine d’appréhension le malmenait, mais il abordait chaque confrontation avec justesse et jusqu’ici, rien ne s’était mal passé. Il était un grand atout pour la macronie : ses adversaires le craignaient parce qu’il était capable de sévir sur tous les fronts, peu importe la gravité de la situation ou la pertinence de son poste.

En l’occurrence ici, il pouvait déjà anticiper la part d’importance qu’il venait d’arracher à sa collègue - collègue bientôt oubliée.

Emmanuel ramena ses mains l’une contre l’autre, les sourcils froncés comme à chaque fois qu'il prenait la parole. Son regard troublé semblait chercher les bons mots.

– On va devoir tenter autre chose, que je pensais pas faire un jour mais.. mais c’est nécessaire et je vois personne d’autre que toi pour agir. 

Un sourire triomphant manqua de trépasser le visage concentré du Premier ministre. De tous les compliments qu’il recevait de la part des Français, ceux d’Emmanuel avaient une saveur particulièrement délectable. 

– Dites-moi, Gabriel s'entendit prononcer sous l’excitation. 

Puis le Président planta son regard dans le sien. 

– Il faut impérativement que nous arrivions à déstabiliser le RN, et ce même en usant de techniques originales. 

– Dites-moi ? 

– Tout d’abord, j’aimerais que tu ailles débattre avec Jordan Bardella, qui demande à le faire depuis quelques temps déjà. 

– Bien sûr- 

– Mais j’aimerais aussi que tu détruises sa réputation. 

– Je voudrais pas m’avancer Emmanuel, Gabriel rétorqua en levant les mains, mais Bardella est déjà dans beaucoup de viseurs et-

– Je sais bien. Je sais bien mais il faut le faire d’une autre manière et c’est là que j’y viens parce que tu devras te rapprocher de lui. 

– Je crois avoir du mal à comprendre- 

– Enfin Gabriel ? C'est pourtant clair : tu devras être discret, mais tu devras t’immiscer dans sa vie, l’accompagner jusqu'à trouver un scandale, quoi qu’il en coûte. Et s’il y a rien, je veux que tu crées toi-même le scandale.