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Finding you

Summary:

Une étrange maladie sévit dans Edo et Gintoki disparaît. Seule, Kagura tente de faire de son mieux pour protéger sa ville bien-aimée et retrouver son stupide samurai égaré. Mais des nouvelles arrivent : Gintoki aurait disparu dans un vaisseau spatial avant la destruction du Terminal.
Déterminée à fouiller l'espace et ses trop nombreuses planètes, Kagura embarque à son tour pour le ramener sur Terre et enfin reconstituer sa famille adoptive.

Quelle chance que son ingrat de grand frère ait justement du temps à perdre et une place disponible dans son équipe de criminels.

Notes:

Bonjour, bonsoir !
Une toute nouvelle aventure commence maintenant ! En plein coeur du film "Yorozuya Forever", suivez les histoires de Kagura dans l'espace.
Le rafting va probablement changer avec le temps alors soyez prudents. N'hésitez pas à laisser vos impressions !

Chapter 1: Certains lapins peuvent mourir de solitude

Chapter Text

Chapitre 1 : Certains lapins peuvent mourir de solitude

 

 

Tout le monde l'abandonnait au fur et à mesure.

Évidemment, elle savait bien que ce n'était pas volontaire de leur part, que cette fichue maladie et toutes ses conséquences était la seule responsable. Mais égoïstement, l'argument était à demi valide.

D'abord, il y avait eut Gintoki, disparu un matin pour ne plus jamais ramener sa fraise au bureau. Une sombre histoire de champignons, une absurdité de plus mais au moins, c'était toujours une meilleure version que celles entendues chez Otose : partit chercher du lait, un paquet de cigarettes ou en avait juste eut marre de se traîner de les deux gosses. Comme s'était grossier de leur part.

Mais toujours moins grossier que le comportement de cet idiot de Shinpachi ! Le samurai aux cheveux blancs avait disparu depuis une semaine et que le binoclard s'était auto-proclamé chef des Yorozuyas. Comme quoi il fallait continuer à travailler et que le bureau ne pouvait pas rester sans leader. Et quand tant qu'aîné, c'était son rôle.

 

Cette blague.

 

C'était elle qui vivait avec Gintoki, qui dormait dans le placard et qui devait supporter ses poils de barbe dans le lavabo de la salle de bain quand il passait enfin un coup de tondeuse. Ce bureau était le leur, tout comme cet appartement. Bon, celui d'Otose mais c'était un détail. Shinpachi avait la maison de son père à disposition, il n'avait pas qu'à s'installer là-bas et lui rendre le double des clés du bureau. Quoi de plus désagréable que de le voir déambuler dans le salon comme si l'espace lui appartenait ?!

 

Cela dit, il n'avait peut-être pas envie de rester chez lui depuis qu'Otae avait été admise à l'hôpital.

 

Kagura rejeta sa tête en arrière et regarda son souffle disparaître dans la nuit. Le froid commençait à se faire sentir et la chair de poule sur sa peau dénudée lui rappela soudainement qu'elle n'était clairement pas vêtue pour affronter cette fin d'automne. Elle avait toujours sa cape mais ça ne suffirait pas à la garder au chaud dans les rues d'Edo. Si Shinpachi n'avait pas encore vidé les placards de l'appartement, elle y trouverait peut-être des vieilles affaires de Gintoki qui feraient temporairement le job. Quel intérêt d'en acheter des nouvelles ? Et où, d'ailleurs ? Il devenait de plus en plus difficile de se nourrir dans la capitale et la guerre des gangs n'arrangerait pas le commerce à moitié mort. A se demander ce que faisait le Shinsengumi pour remettre un peu d'ordre dans tout ce bazar …

 

L'incarcération de Kondo avait fait beaucoup de dégâts dans la confiance fragile que les policiers avaient réussi à instaurer dans ces rues dangereuses. Hijikata avait fait de son mieux mais il n'était qu'un humain parmi ces singes dénués d'intelligence. Seulement une poignée d'hommes était restée à ses côtés dont le Sadique qui vaquait surtout à ses occupations. Quand elle l'apercevait de loin, avec sa stupide queue de cheval, Kagura n'avait qu'une envie, lui couper avec son propre sabre et le pendre par les chevilles au dessus du fleuve.

 

Mais pour en revenir à Kondo, Kagura avait entendu dire qu'il était emprisonné avec Katsura et la rousse ne doutait pas une seule seconde que ce dernier allait pondre un plan machiavélique mais génialissime mais les sortir de là. Ce n'était qu'une question de temps. Au moins, eux, ils étaient au chaud et avait de quoi manger trois fois par jour. Peut-être qu'elle devrait les rejoindre, l'hygiène de la prison ne devait pas être pire que celle de Gintoki revenant couvert de vomi après une soirée un peu trop arrosé. Shinpachi pouvait se plaindre mais elle aussi avait eut son lot de choses dégouttantes à nettoyer. D'accord, le vomi sec sur les vêtements était une horreur mais c'était elle, du haut de ses quartozes ans qui avait traîné cet idiot sous la douche mais au moins le décrasser un minimum avant de l'aider à le mettre au lit. Elle avait la technique depuis le temps.

Et puis, ce n'était pas comme si elle n'avait pas l'habitude de s'occuper de personnes malades. La seule différence entre sa mère et Gintoki avait été que celui-ci était plus lourd que la créature chétive qui était maintenant enterrée sur une planète éloignée.

 

Tout cela n'était pas grave. Elle était habituée à être seule. La vie auprès de Gintoki et de sa famille terrienne était une façon de passer le temps, comme lorsqu'un anime rattrape le manga et qu'il fallait continuer à occuper l'audimat. Au moins, elle était toujours l’héroïne.

Une héroïne juchée sur le toit d'une maison abandonnée, avec pour seule compagnie, son parapluie violet et un vieux téléphone portable rose, caché dans une poche de son cheongsam blanc. N'importe qui qui regarderait en l'air et la trouverait là-haut penserait sans doute qu'elle avait l'air pathétique. Heureusement, Kagura avait vite appris à se passer de l'avis des autres. « Tout le monde a des crottes de nez, c'est pas pour autant qu'il faut se balader en les montrant à tout le monde », lui avait dit Gintoki, saoul mais inspiré.

 

Néanmoins, le froid commençait à être légèrement désagréable et la jeune femme rousse avait des crampes à force de rester assise là-haut. Relevant les bras au dessus de sa tête, elle étira ses muscles, sentant au passage son épaule se rappeler à sa bonne conscience. Deux jours auparavant, elle avait dû se battre contre un groupe de motards qui n'avaient pas encore compris qu'elle était la plus forte dans le coin et l'un des ces débiles avait réussi à pratiquement lui déboîter l'épaule avec sa chaîne en métal. Kagura avait pris un malin plaisir à l'envoyer voler à plusieurs centaines de mètres et le voir heurter le sol en se tordant de douleur mais ça n'avait rien à voir avec son sang de guerrière Yato qui bouillonnait furieusement et de plus en plus souvent dans ses veines.

 

Toutes ces bagarres avaient pour bénéfice de lui faire garder la forme. Elle pouvait difficilement compter sur Shinpachi ou le Sadique pour ça, le premier l'évitait comme la peste et le deuxième n'était même plus au niveau. C'était alarmant pour lui, le Shinsengumi sombrait vraiment. Une armée d'obèses en devenir, dirigée par un maniaque de la mayonnaise.

 

Elle se leva finalement, rabattant une longue mèche rousse derrière son épaule. Ses cheveux commençaient à devenir longs, c'était peu pratique pour se battre mais Tsukki lui avait dit qu'ils étaient magnifiques alors … La Reine du district de Kabuki se devait d'avoir l'air divine en toutes circonstances.

 

Son parapluie dans la main droite, elle commença sa descente le long du toit et sauta dans le vide dès que le bout de bottes dépassa le bord de la gouttière. Une telle hauteur n'était rien pour elle et elle n'eut même pas besoin de déployer son ombrelle pour atterrir en douceur. Elle avait même réussi l'exploit à ne pas soulever de poussière à son atterrissage, Sat-chan serait fière d'elle. Discrète mais reconnaissable, elle entama sa marche, sans destination précise en tête. Au vu de l'heure, le mieux serait de trouver un endroit où dormir et l'Amanto avait une petite d'idée de l'endroit où elle pourrait se poser tranquillement cette nuit.

 

*~*

 

              - Hors de question, je ne tiens pas un hôtel pour accueillir tous les gamins errants d'Edo !

              - Allez, s'il te plaît ! Il fait froid …

              - Alors, rentre chez toi !!

Face à ce manque de générosité, Kagura poussa le vice jusqu'à afficher ses plus grands yeux bleus remplis de larme. Jouer son physique ne marcherait pas et honnêtement, si elle pouvait s'en passer, ce serait mieux. Il y avait toujours Yoshiwara pour profiter des charmes des hôtesses qui n'avaient pas encore succombées à la maladie.

              - S'il te plaît, Toshii …

Le concerné grinça fort des dents et alluma une deuxième cigarette dans la foulée, la première encore fumante à ses pieds. Ce n'était pas la première fois que le vice-commandant lui permettait de rester dans l'une des chambres inoccupées du Shinsengumi. Il l'avait connu si jeune et si pleine de joie alors savoir qu'elle préférait encore dormir dehors plutôt de rester dans la chambre abandonnée de Gintoki … Même lui n'était pas si cruel, c'était une jeune femme et il avait le sens des responsabilités. Mais de là à se pointer à l'improviste et de réclamer chaleur et pitance comme un vulgaire de chat de gouttière … Okita avait bien proposer de mettre le feu à sa chambre, une fois, pour lui donner une leçon, quand la Yato s'était faufilée dans le cœur de la nuit. Elle avait installée son futon tranquillement et avait prévu de passer la nuit chez eux discrètement pour repartir sans un mot le lendemain. Manque de bol, Okita avait du flair pour sentir les intrus et c'était à genoux en pyjama, devant un Hijikata médusé par son culot qu'elle avait finit par avouer qu'elle n'avait nul part où dormir temporairement. Elle devait avoir dans les seize ans et il s'était fait avoir par sa mine triste et ses cheveux en pagaille. Kagura était repartie au lit avec un sourire narquois pour le Sadique tandis que Hijikata lui avait amené une couverture supplémentaire pour rester au chaud la nuit. Il faiblissait avec l'âge et était persuadée que si Gintoki apprenait que sa précieuse fausse fille avait passé la nuit dehors, il passerait un mauvais quart d'heure.

 

Et avec le Shinsengumi à gérer à la place de Kondo, il n'avait pas le temps pour les bagarres inutiles. De toute façon, elle était assez maligne pour savoir quand rester discrète. Le seul inconvénient de l'avoir chez eux était le vide sidéral dans les placards à provisions. « Un rongeur, probablement. », la réponse était toujours la même quand il devait rendre des comptes.

              - Bordel … Allez, rentre, je me les caille. Mais c'est la dernière fois !

              - Oui, oui.

Faible, il était si faible.

Kagura ne poussa pas le vice jusqu'à marcher devant lui mais il était évident qu'elle connaissait le chemin par cœur. C'était presque comme si elle avait une chambre non-officiellement attribuée ici. La preuve étant qu'elle avait caché quelques affaires sous une latte de plancher abîmée et qu'elle était certaine de les retrouver.

              - Tu dors et tu t'en va demain, c'est compris ? Pas de petit-déjeuner à rallonge, pas de bagarres avec Sougo, cet endroit est déjà bien assez en ruine comme ça.

              - Oui, chef !

Il leva les yeux à son faux salut militaire sarcastique et ferma la porte coulissante derrière lui.

 

Déposant son parapluie dans un coin de la chambre, elle fit glisser la fermeture éclaire de ses bottes et se déchaussa. Hijikata n'avait rien dit sur sa tenue mais il était évident qu'il avait du reconnaître le motif bleu du kimono de Gintoki qu'elle avait également fait reproduire sur son cheongsam. Elle avait également copié le style de ses bottes et ses gants rappelaient un peu le haut noir du samurai disparu. C'était sa façon un peu étrange de le garder près d'elle.

Pieds nus sur le vieux tatamis, elle souleva la latte et attrapa un vieux sac caché dans un trou creusé à la hâte. A l'intérieur, un vieux pyjama jaune, quelques photos et son oreiller fétiche. Otae lui avait donné quelques affaires à elle pour élargir sa garde-robe, surtout depuis que son corps avait décidé de changer aussi vite mais rien n'avait fait l'affaire. Il n'y avait bien que ce vieux pyjama, qui malgré tout, lui cisaillait les hanches pour temporairement faire l'affaire. Ce n'était pas comme si elle pouvait se permettre d'aller faire du shopping ou si elle avait même des sous à dépenser dans quelque chose d'aussi frivole que des vêtements.

 

Se glissant dans son futon, jetant un dernier coup d'oeil au panneau japonais servant de porte et s'étant assurée que personne ne la surveillait en douce, Kagura ferma les yeux. Cette fois-ci, son soupir ne fut pas visible à l'oeil nu et savourant la chaleur de sa couette, elle se laissa porter par l'appel du sommeil. Elle sombra avant de s'en rendre compte.

 

*~*

 

              - Kagura … Réveilles-toi, Kagura, tout le monde t'attends.

Ah, sa mère avait toujours la main chaude dans ses souvenirs. Quand elle venait la poser sur sa joue, la petite fille s'était toujours faite la remarque que le fameux soleil dont Kouka parlait toujours devait être aussi agréable à ressentir. Et pour l'instant, enfouie sous une couverture, lovée entre les oreillers de ses parents, la petite rousse n'avait pas l'intention de sortir de son cocon douillet.

              - Allez, lèves-toi, ton père revient aujourd'hui, tu n'as pas oublié ? Peut-être qu'il vous aura même ramené un cadeau, à Kamui et à toi.

Encore plongée dans son état de béatitude, Kagura entendit vaguement la voix enfantine de son frère, quelque part dans leur maison familiale, trop loin pour qu'elle en discerne les mots en revanche. Cela dit, son commentaire eut pour réaction de faire rire leur mère et ce son rappela quelque chose à Kagura. On aurait dit les cloches accrochées au dessus de la porte du temple des Shimura quand le vent venait doucement les secouer.

              - Allez, Kagura, c'est l'heure maintenant. Il faut y aller.

Sa grande main quitta sa joue rebondie et la perte de chaleur causa un grand trouble chez l'enfant. Privée de ce contact, elle chercha à tâtons à retrouver la main de Kouka mais celle-ci s'était dégagée du matelas pour rejoindre son fils ainé dans une autre pièce.

              - Non, reviens Mamy … Reviens …

              - Reviens !!

 

Kagura ouvrit les yeux, sa main rattrapant le vide, tendue vers le plafond poussiéreux du Shinsengumi. Le cœur battant à un rythme effréné, elle se rappela un exercice de respiration vu à la télé des années auparavant : inspirer, retenir, expirer, attendre et recommencer. Jusqu'à sentir son environnement du haut de son crâne jusqu'à ses orteils. Soudainement, Sadaharu lui manqua terriblement. Avoir son gros chien dans les bras avait toujours été le meilleur moyen pour se rassurer.

Sadaharu lui manquait terriblement. Ces maudites sœurs prêtresse avait trouvé une autre planète où installer leur fichu temple et évidemment, elles avaient demandé à reprendre leur dieu chien. Kagura n'avait pas eut d'autres choix que d'accepter, elle avait beau adorer son animal de compagnie, elle n'était personne pour l'empêcher d'accomplir son devoir divin. Elle avait été forte jusqu'au départ de son chien, laissant uniquement ses larmes couler quand Otae lui avait faite poser sa tête sur ses genoux. Elle avait consolé la jeune adolescente comme elle avait pu, sachant que la perte de Sadaharu juste après la perte de Gintoki était une terrible épreuve pour la jolie alien.

 

Inutile de s'appesantir sur le passé. Aucune machine à remonter le temps n'allait apparaître par magie pour lui rapporter les êtres chers perdus depuis le temps. Il fallait faire avec et continuer à marcher droit devant.

Repoussant la couverture, elle quitta le refuge de son futon et alla ouvrir la porte menant au jardin intérieur du Shinsengumi. Une vision d'abandon s'offrit à elle, les plantes mortes et mauvaises herbes affluaient tandis que le petit étang avait plus de vase que de nénuphars. Seule point positif, le calme ici était inégalé et la lumière de la lune avait un petit quelque chose de magique. Un petit point rouge se dessina au fond, à l'opposé de sa position et Kagura se demanda ce que Hijikata avait en tête, pour l'empêcher ainsi de dormir et lui faire allumer une cigarette en plein milieu de la nuit. Malgré toutes les épreuves actuelles, il était encore l'un de rares à tenté d'agir aussi normalement que possible et l'homme était bien connu pour des horaires de sommeil stricts.

Elle préféra s'asseoir sur le rebord, laissant ses jambes se balancer tranquillement plutôt que d'aller le déranger. La nuit, les pensées sauvages n'appartenaient qu'à ceux qui les avaient en tête et malgré leur relation de père de substitution et de fille ingrate, ils n'étaient pas si proches que ça.

Tout de même, Kagura se fit la remarque qu'elle préférait un inconnu sortit du derrière pompeux du gouvernement plutôt que de demander à Umibôzu de tenir son rôle de père. Qui pouvait même dire où l'homme le plus fort de l'univers était en ce moment même. Etait-il même au courant de ce qui se passait actuellement sur Terre ? Probablement que non, il aurait forcé Kagura à quitter sa planète d'adoption pour lui éviter un risque d'infection.

 

Le vent commença à se lever et le froid le suivit peu après. Rafraîchie et à nouveau somnolente, la rousse se releva et referma la porte derrière elle, laissant Hijikata seul dans le jardin. Son futon lui sembla encore plus attirant maintenant et quand sa tête se posa sur son oreiller, elle arriva à se rendormir, cette fois, sans un rêve.

 

*~*

 

              - Waaaouh, pas étonnant que le boss se soit barré, avec ta tête, moi aussi j'aurais eut peur à sa place.

Okita se mangea une assiette pleine d'oeufs brouillés, envoyé magnifiquement par Kagura. Alors que Yamazaki se précipitait vers son capitaine pour s'assurer qu'il n'était pas blessé, Hijikata -qui venait donc de perdre ladite assiette- lança un regard noir à la Yato qui affichait son air le plus hautain possible.

              - Les vrais hommes ne font pas ça, il n'y a que les bâtards sans maîtres pour partir la queue entre les jambes quand ils se retrouvent en face de plus forts qu'eux.

Condensant toute sa haine dans son regard, elle fusilla le Sadique pour la bonne mesure en prenant place autour de la table du petit-déjeuner. Plus aucun des hommes ne s'étonnaient de la voir à leurs côtés et à vrai dire, les petites joutes verbales entre les deux jeunes personnes étaient presque devenus une habitude. La sensation que là dehors, tout allait bien, rien ne pouvait venir perturber leur quotidien.

 

S'emparant qu'une fourchette, Kagura enfourna ses œufs sans prendre le temps de respirer. Elle avait hâte de ne plus avoir Okita dans son champ de vision car l'envie de le tuer était presque une supplication de son corps. Attraper, battre, mettre à mort. Elle était excellente dans deux de ces matières, peu penchée sur la dernière, même en cas de danger imminent. Loin d'en être incapable mais elle ne voulait pas descendre aussi bas. Il y avait bien assez de Yato sanguinaires dans l'univers sans que Kagura n'y rajoute son nom à la liste.

              - Respire ou tu vas t'étouffer.

Elle ignora le conseil d'Hijikata et descendit sa tasse de thé vert dans la même précipitation que son repas. Le ventre plein -selon la norme d'une personne normale-, elle se releva, récupéra son parapluie et quitta la pièce sans demander son reste. A nouveau, peu de commentaires, ils étaient habitués. La rousse croisa Yamazaki dans le couloir qui lui demanda si elle voulait emporter un bentô pour la journée. Elle tendit la main, il lui posa une petite boîte enveloppée d'un tissu violet avec des tournesols dessus.

              - Pense à le ramener, d'accord ?

              - Oui, oui …

Néanmoins, malgré son air détaché, elle agrippa son bien de toutes ses forces. C'était devenu une promesse depuis les nombreux mois qui s'étaient écoulés : reviens. Le bentô était juste une excuse et elle en était persuadée depuis qu'elle avait entendu le vice-commandant faire passer l'ordre ne pas laisser partir la gamine qu'elle était sans qu'elle ait quelque chose dans l'estomac ou un reste à emporter chez elle. Kagura n'avait jamais avoué pourquoi elle tenait tant à continuer à faire des haltes chez eux et Hijikata n'avait jamais posé de questions. Un lit, une douche, un repas et en échange, la Yato s'était promise de défendre cette poignée d'hommes comme sa propre vie. Même s'ils n'en avaient pas besoin.

Sauf Okita. Le Sadique pouvait bien avoir la tête enfoncé dans le caniveau qu'elle ne l'aiderait pas. Et d'abord, elle aurait probablement été la raison pour laquelle il serait dans une telle situation.

              - Bye bye Zaki.

Elle se contenta de secouer ensuite le bras à son « Fais attention dehors, il paraît qu'il va y avoir une grosse tempête d'ici ce soir. » et ferma la porte du Shinsengumi derrière elle. En remontant l'allée peu entretenue, Kagura se fit la réflexion de Kondo aurait bien du travail en revenant. S'il revenait. Zura pourrait probablement s'échapper seul mais deux hommes adultes en moins dans une prison, surtout ces deux célébrités, la disparition serait vite notifiée.

 

Il était encore bien tôt et quelques commences déjà ouverts commençaient à peine à installer leurs extérieurs. Des visages émincées, fatigués et affamés. Plus de lumières sur les visages tant l'espoir avait disparu dans ce bas monde. Le soleil pointant doucement le bout de son nez et Kagura se décida d'aller l'observer près du fleuve. Ce serait un bon endroit pour profiter de son second petit-déjeuner. De même qu'une bonne digestion serait vitale pour entamer ensuite le déjeuné et pour cela, la petite marche à faire entre son endroit de prédilection et le bar d'Otose serait nécessaire.

 

Repliant ses genoux et lissant son cheongsam pour ne pas faire de plis en s'asseyant, Kagura s'installa confortablement à même le sol. Elle déplia tranquillement le nœud du bentô et ouvrit le couvercle en bois. Yamazaki était devenu un vrai cordon bleu, par la force des choses et ses onigiris avaient enfin la forme d'un triangle sur lequel personne ne s'était défoulé. Il y avait également un morceau d'omelette et quelques saucisses. Shinpachi avait toujours découpé ses saucisses en forme de poulpes.

Tch.

Attrapant les baguettes de sa main droite, elle allait porter un bout d'omelette à ses lèvres quand un aboiement tout faible se fit entendre.

 

Un chien minuscule, sale et faible la regardait. Les baguettes toujours en l'air, elle s'adressa à l'animal.

              - Va t'en, je ne partage pas.

La sale bestiole fit la sourde oreille et commença même à se rapprocher de la Yato. En voilà un idiot qui ne reconnaissait même pas les créatures plus dangeureuses que lui.

              - Allez, dégage. Va chasser ou un truc du genre.

              - Wooouh …

              - Pookie ! Pookie, où es-tu ?

Fantastique. Maintenant, une gamine courrait vers eux et Kagura nota immédiatement qu'elle portait un vêtement qui n'aurait pu être décrit que comme un assemblage de vieux tissus raccomodés entre eux.

              - Pookie, viens, on doit aller chercher à manger ... allez viens.

Ses bras étaient tellement fins que la Yato pourrait tenir son avant-bras entre son pouce et son index. Probablement qu'elle était sous-alimentée et qu'elle devait se rendre quotidiennement à la distribution de repas organisés par le club des drags queens de Saigou. Malheureusement, premier arrivé, premier servi et vu que le soleil avait déjà fait son apparition, la petite fille allait probablement se heurter à un bol vide et une porte close.

Elle soupira, maudissant la voix de Gintoki dans sa tête.

              « - Tu sais, tu comprends la vraie souffrance de la vie quand ton estomac te supplie d'avaler quelque chose et que la moindre chose devient mangeable à tes yeux. »

Il savait bien lui. Devoir se relever, laisser le champ de bataille et les corbeaux derrière lui. Les entendre se rassassier des cadavres et faire comme si l'odeur de la chair brûlée ne réveillait pas quelque chose dans son propre estomac. Il avait toujours refusé d'en arriver là mais Kagura se souvenait d'une nuit. Une nuit où Gintoki, en pleurs, l'avait tenue dans ses bras, chuchotant que c'était la pire et à la fois la meilleure odeur qu'il avait sentit ses nombreux mois sur le champ de bataille. Kagura l'avait rassuré, avait glissé ses petites mains dans ses boucles argentés pour qu'il repose sa tête contre elle et pleure jusqu'à se débarasser de ce terrible souvenir.

Elle avait eut faim, elle aussi. La nourriture s'était faite rare sur cette planète où la pluie ne s'arrêtait jamais. Une planète où les ordures s'amassaient comme la racaille en recherche d'un bon combat pour se défouler.

Et avec eux, s'étaient aussi accumulés les rats.

 

En regardant cette si fragile gamine et son chien couverts de puces, Kagura sentit sa résolution disparaître. Elle reposa l'omelette, referma la boîte et la lui tendit.

              - Tiens.

La petite humaine avait maintenant le regard fixé sur le bentô.

              - Vous êtes sûre ?

              - Oui. Tu n'auras qu'à ramener la boîte au Shinsengumi quand tu auras finit. Quelqu'un te donnera aussi quelque chose de chaud à boire.

Elle approchait prudemment maintenant et attrapa la boîte, prête à fuir si c'était un piège et que Kagura allait l'attaquer. Près d'elle, le petit chien se tenait aussi sur ses gardes mais secouait vigoureusement sa queue.

              - Merci !

Elle pleurait presque de gratitude et l'ouvrit immédiatement pour donner les petites saucisses à son chien.

              - Tu devrais y aller avant que quelqu'un essaie de te voler ton repas.

              - Merci ! Merci beaucoup !

La rousse secoua la main, un petit sourire aux lèvres tandis que la petite fille et son compagnon à quatre pattes remontaient en direction du Sud. Dès qu'elle fut hors de sa vue, Kagura étouffa un grognement et s'allongea de tout son long dans l'herbe. Le soleil n'allait pas tarder à venir la réchauffer un peu.

Elle se sentait lasse. Les yeux fermés, elle écouta le bruit ambiant : le clapotis de l'eau, le chant des oiseaux et avec suffisement de concentration, le bruit de la ville qui finissait de se réveiller. Il y avait beaucoup plus de monde dans les rues maintenant.

Kagura sentit soudainement qu'on l'approchait et ouvrit ses yeux, les muscles tendus. Son parapluie était à portée de main mais elle n'en avait pas besoin pour chasser un curieux ou un malade mental qui aurait pensé faire d'elle sa prochaine victime.

A la place, une paire de bottes noires vint plier l'herbe à sa droite.

              - Tu dors dehors comme une sans-abri. Tu fais peine à voir, tu as l'air pathétique.

Des yeux perçants, des mèches noires folles. Un sabre en bois accroché à sa hanche et une paire de lunettes plus que reconnaissable. Shinpachi.

              - Je suis toujours bien meilleure que toi, Quatre Oeils. Dégage avant que je te bute, sous merde.

Il remonta sa paire de lunettes à l'aide de son majeur, ce que Kagura vit comme un signe à son encontre. Néanmoins, il se refusa de commenter et annonça de but en blanc.

              - Otae te réclame. Va la voir quand tu auras finis de ne rien foutre.

Et il fit demi-tour, la quittant sans un regard en arrière pour son ancienne coéquipière. Kagura avait envie d'en rire tellement la situation était triste.

              - Dommage pour toi, le bigleux. J'ai absolument pas l'intention d'obéir à tes ordres.

En plus, voir Otae si faible dans son lit d'hopital était une vraie torture. Savoir qu'elle allait finir par mourir était une torture. Kagura en avait assez de voir mourir des gens.

Ça ne faisait que lui rappeler qu'au final, elle finirait toute seule sur cette planète aussi.