Work Text:
The Emissary of Ruin
Andy a cette stupide tendance à se retrouver dans des situations qui ne le mettent pas en valeur, comme la fois où Kim lui a demandé le divorce devant tout le monde, alors qu’il avait préparé l’anniversaire surprise de leur mariage pour combler son absence à cause de son métier. Ça n’a pas été une soirée très agréable, encore moins quand il s’est réveillé le lendemain matin avec une gueule de bois phénoménale, après avoir trop profité des bouteilles de champagne achetées pour rien… Le regard de jugement de sa mère restera pour toujours gravé dans sa mémoire, en plus de ses bras passant quand même autour de lui pour le réconforter.
Aujourd’hui encore, Andy aurait pu trouver quelque chose de mieux pour ne pas que son égo prenne un trop gros coup. Il n’était jamais allé en Serbie avant cette mission, et s’il avait dû y mettre les pieds plus tôt, ça aurait été pour une lune de miel de renouvellement de mariage, pas pour y destituer le souverain local. Le truc, c’est qu’il ne parle pas serbe du tout. Ses patrons l’ont envoyé là-bas parce qu’il est un bon passe-partout capable de s’infiltrer partout, c’est ce que la guerre leur a prouvé, mais Andy est un piètre linguiste. Alors il a encore subi une humiliation dramatique pour son égo, quand il a essayé de discuter avec un chapelier serbe, pour à la fois avoir plus d’informations sur leur dirigeant, et pour récupérer un panama local, entouré d’un ruban noir, un léger drapeau serbe reliant les deux bouts du ruban.
Ils ne se sont pas vraiment compris, et Andy a dû sourire de toutes ses forces pour que le chapelier arrête de le prendre pour un fou, au moment où il a usé de tous les mots anglais les plus simples et en faisant de son mieux pour suspendre son accent écossais. Andy est quand même reparti avec un panama neuf, et une carte de Belgrade. Après une semaine entière de train, depuis Paris, il doit avouer que ça lui fait un bien fou de pouvoir respirer un air frais et de pouvoir marcher sur un sol dur, et pas en mouvement. Il n’a pas le mal des transports, mais très clairement, plus les trajets sont longs, moins il a envie d’y prendre part.
Andy a retenu ses ordres de mission sans avoir besoin de les noter quelque part, il a appris durant la Grande Guerre que se balader avec des consignes était le signe distinctif d’un homme allant droit vers sa mort. Les tranchées ne lui ont pas fait beaucoup de bien, maintenant qu’il se souvient de la pluie française s’abattant sur les troupes en permanence, des rats se baladant par terre, et du chant des obus, à longueur de journée. Et Andy n’était pas un soldat à proprement parlé. Déjà un espion, censé récupérer le maximum d’informations possible pour mettre fin à cette stupide guerre et permettre à la Grande-Bretagne de revenir à la paix. C’est pour l’Ecosse qu’il avait fait tout ça, mais le gouvernement anglais l’a quand même gardé, même après l’armistice et le traité de Versailles, pour surveiller cette partie sensible de l’Europe où le vivier de la guerre risquait de se réveiller.
Tchéquie, Hongrie, Russie… Tant d’endroits susceptibles de rallumer l’instinct de la guerre dans quelques années, et le gouvernement anglais a jugé bon d’envoyer des espions un peu partout en Europe de l’Est, pour s’assurer que les fanatiques de Princip et compagnie ne recommencent plus jamais leur coup d’éclat. Enfin, ce n’est pas quelque chose qu’il proclamera à haute voix ici, s’il ne veut pas finir dans le même état que François-Ferdinand. Andy a été envoyé en Serbie, ou plutôt, en Yougoslavie, maintenant que feu le roi Alexandre a hérité de l’union des Serbes, Croates et Slovènes. La nouvelle de son assassinat à Marseille il y a encore quelques semaines n’a pas réjoui le gouvernement, alors qu’Andy décuvait de l’échec de son mariage, dans une marée de bouteilles…
Il n’est pas un expert en géopolitique, mais en sachant qu’Alexandre avait imposé un royaume sans démocratie à son peuple et commençait à vouloir s’étendre au-delà de son territoire plein d’ambition, Andy peut comprendre que surveiller cette région soit primordial, pour éviter que la Grande Guerre ne donne son flambeau à la Yougoslavie… Il a par contre du mal à comprendre pourquoi le gouvernement anglais voudrait déjà voir le nouveau souverain mort, que ce soit empoisonné, ou avec sa tête sur un pic. Novak Djokovic, Andy connaît autant son nom que le sien depuis qu’il se le répète en permanence, pour ne pas oublier à qui il va devoir prendre la vie, sur la base de simples soupçons de vieux politiciens anglais sortant à peine de Londres…
En fait, il devrait plutôt l’appeler Novak Karađorđević, maintenant qu’il a épousé Jelena Karađorđević, seule héritière encore en vie du roi Pierre Ier. Il a lu tout ça dans le train, pendant son trop long voyage, la manière dont Đorđe Karađorđević a été déshérité après avoir tué son valet de chambre, le dernier vœu du vieux Pierre, se retrouvant sans héritier masculin après la mort d’Alexandre, échouant comme responsabilité de mariage pour sa pauvre fille Jelena… Andy avoue avoir eu pitié d’elle, en apprenant qu’elle avait eu autant de chance que lui en termes de mariage, de ne pas pouvoir choisir pour respecter le souhait de leurs parents… Dans tous les cas, elle a dû faire face à une crise de succession, en épousant le fils d’un des hommes le plus riche de Serbie, pour qu’il devienne roi en acceptant de prendre le nom de Karađorđević.
Andy n’ose même pas imaginer la taille de son rapport, une fois qu’il aura fini d’expliquer les liens intrinsèques entre une famille royale commençant à peine sa dynastie depuis moins de vingt ans, et un guerrier serbe acceptant sa place de monarque facilement. Il devrait se méfier, Andy le sait depuis qu’il a été chargé de le tuer, mais il a dû mal à croire qu’un homme arrivant tout juste sur le trône de l’un des territoires les plus instables d’Europe réussirait tout de suite à semer le chaos dans le monde entier. Peut-être qu’il est juste idéaliste, qu’il veut croire au fait que c’était bel et bien la Der des Der…
Dans tous les cas, il a une mission, et même s’il n’est pas sûr de pouvoir la juger comme parfaitement morale, Andy n’a pas d’autres choix que de la mener à bien. Pour le moment il est un simple touriste britannique pour la population serbe, et pour la monarchie yougoslave, il sera un émissaire de la couronne anglaise. S’infiltrer dans le palais royal aurait été difficile autrement, si sa couverture ne lui avait pas permis de pouvoir entrer et sortir autant que possible. Il va falloir qu’il taise un maximum son accent écossais, s’il veut véritablement passer pour un Anglais, au cas où quelqu’un là-bas aimerait prendre le thé…
Le soleil tape fort sur sa peau, malgré son nouveau chapeau sur la tête, alors que son costume commence à lui coller au corps… Ils auraient pu penser à l’envoyer espionner un pays où l’été n’était pas aussi chaud, pour que la population locale n’ait pas à voir ses joues rouges, et la nécessité avec laquelle il boit la limonade qu’il a commandée, une fois arrivé à son hôtel. C’est un joli hôtel d’ailleurs, ça lui change de tous les endroits miteux où il a dû vivre pendant des semaines entières, rien que pour surveiller d’anciens dirigeants allemands. Quelque part, ça fait sens, s’il doit jouer au haut émissaire anglais alors autant le faire avec les conditions d’un représentant de la couronne.
Il aurait aimé voir un peu plus de paysage avant de s’aventurer dans le palais royal, mais Andy n’a pas vraiment le choix, ce long voyage l’a épuisé, et il n’a pas le temps de voir la nuit tomber, avant de dormir à poings fermés, une chaise bloquant la porte de sa chambre, au cas où quelqu’un essaierait déjà de l’assassiner… Le soleil est à peine levé quand Andy quitte l’hôtel, son panama de retour sur sa tête et une serviette remplie de documents à moitié inventés qui font l’état des relations diplomatiques entre les deux pays, et les pertes liées à la Grande Guerre.
Rentrer au palais royal sans rendez-vous est étonnamment facile, surtout au moment où il n’a qu’à montrer son faux passeport anglais, et ouvrir sa serviette pour montrer ce qu’elle contient. Andy a fait de l’infiltration beaucoup plus compliquée dans sa vie, alors il se méfie de ce qui peut se passer, mais pour l’instant, il est surtout surpris de l’accueil qui lui est réservé. Escorté mais pas étouffé jusqu’à un salon lui rappelant beaucoup la France, et Andy n’a plus qu’à attendre, une tasse de thé lui attend apportée après quelques minutes. Il est mieux ici qu’en Angleterre, et il aimerait pouvoir en rire à gorge déployée, s’il n’avait pas toute une couverture à protéger.
S’il est parfaitement honnête avec lui-même, il s’attendait à se retrouver face à des ministres ou des généraux à qui il aurait pu subtilement dérober des informations sur leur cher souverain. Pas à ce que l’une des secrétaires viennent lui dire que le roi lui-même viendrait lui parler d’ici quelques minutes. Alors oui, c’est un immense honneur, mais qu’est-il censé faire ?! Il ne va pas pouvoir le tuer devant tout son palais royal ! Non, ça ne faisait vraiment pas partie de son plan, mais Andy doit quand même garder la tête froide, c’est son métier d’improviser quand le plan initial est bancal…
Une double-porte s’ouvre à l’autre bout du salon, et Andy laisse toute sa panique derrière lui, alors que ses yeux ne peuvent pas s’empêcher de se poser sur la figure imposante au centre d’une escorte royale—Seigneur dieu, comment un homme peut-il être aussi beau—et puis, les photos en noir et blanc ne lui rendent pas justice—Non, ce n’est pas le moment de penser à ça, Andy serait vraiment un très mauvais espion si la seule chose qu’il remarquait était la beauté de l’homme qu’il doit tuer, au lieu de compter les six gardes se postant aux extrémités du grand salon… Il y a très peu de chance qu’il réussisse à le tuer aujourd’hui, même s’il en ressent de moins en moins l’envie…
Ses yeux détaillent l’homme qui lui fait face—un roi, rien que ça—et Andy aimerait pouvoir entièrement se blâmer de ne pas réussir à se concentrer, mais le regard noisette qui brille d’un éclat indescriptible pourrait être capable de lui voler son âme qu’il serait à peine surpris… Et puis, il y a ces longs cils qui ne font que renforcer la puissance de ses yeux… Ce n’est que par pure force mentale qu’il réussit à détourner le regard, pour continuer de détailler sa cible ; un uniforme militaire royal garni de dorures et de médailles taillant parfaitement ce corps qu’il imagine musclé, un visage rasé à blanc pour ne laisser aucune imperfection, une épée dans son fourreau déposée sur le fauteuil de cuir, quand son altesse royale s’asseoit en face de lui.
‘’Je suis surpris de voir un émissaire anglais ici, j’avais pourtant fait très attention à mon emploi du temps international.’’ En plus d’être beau, sa voix est agréable à écouter, et Andy doit vite sortir de ses pensées pour comprendre ce que Novak vient de lui dire
‘’Vous n’auriez pas dû vous déplacer pour moi, malgré votre excellent anglais, votre altesse…’’ Ses joues ne sont absolument pas plus rouges qu’avant, et Andy n’a pas eu besoin d’une seconde d’adaptation pour ravaler son accent écossais
‘’J’ai étudié les langues avant la guerre.’’ Un sourire se forme sur les lèvres du Serbe, même si ce n’est sûrement que par politesse, Andy pouvant y détecter une pointe d’arrogance
‘’Je ne voudrais pas vous importuner plus longtemps, ce ne sont probablement pas des sujets qui vous intéresseront et qui seraient plutôt destinés à des généraux ou des ministres, votre altesse.’’ Il ne peut pas s’empêcher de regarder la tasse de thé déposée plus tôt pour le roi par la secrétaire, une pensée pour la fiole de poison dans sa poche qu’il pourrait déverser rien qu’en créant une diversion…
‘’Oh ne vous inquiétez pas pour ça, j’aime me mêler des affaires de mon pays, même des plus insignifiantes. Voudriez-vous me joindre dans une visite du palais pendant que nous discutons de tout ça ?’’ Novak se relève gracieusement, et ses yeux ne peuvent pas s’empêcher de se poser sur le petit poignard à sa ceinture, au court mouvement qu’il aurait à faire pour le planter dans son cœur…
‘’Ce serait avec plaisir, votre altesse.’’
Ses jambes tremblent dès qu’il réussit à se relever, son regard refusant de se déloger des yeux noisette de Novak, et Andy serait probablement incapable d’expliquer cette sensation qui prend possession de son corps, en le voyant demander quelque chose en serbe à ses gardes, qui obéissent dans la seconde, en les laissant prendre de l’avance. D’accord, quand il a accepté de prendre part à cette visite guidée, il ne pensait pas que ça ne se ferait qu’entre eux, avec juste deux gardes les suivant de loin. Andy a tout l’espace et le temps du monde pour mettre fin à la vie d’un souverain, et pourtant tout son corps refuse de le faire, parce que son esprit est perturbé par l’homme qui occupe ses oreilles avec des explications sur la construction du palais…
Soit Novak est vraiment innocent et n’a aucune idée de ce qu’il s’est produit avec prédécesseur, et dieu sait qu’Alexandre a agonisé pendant de longs moments avant de finalement s’éteindre, soit c’est un test, et auquel cas, Andy ferait mieux de le réussir, en ayant l’air le moins suspect possible. La moiteur de ses mains et la manière dont il ne peut pas s’empêcher de dévisager son interlocuteur ne doivent pas aider…
‘’Au fait, je ne vous ai même pas demandé votre nom ! Mes ancêtres auraient honte de mon impolitesse !’’ Novak a ce long sourire éclairant tout son visage, et Andy va blâmer la chaleur pour les soudaines couleurs sur ses joues, alors qu’ils s’arrêtent sur une balustrade devant le jardin royal
‘’C’est de ma faute, votre altesse, j’étais trop absorbé par l’histoire de cet endroit. Je m’appelle Andrew Murray.’’
‘’Murray ? C’est écossais, n’est-ce pas ?’’ La façon dont son nom roule sur sa langue, et son accent ne fait que rendre ce moment plus éprouvant qu’il ne l’est déjà, Andy tuerait pour avoir un pantalon de costume moins serré à l’heure actuelle
‘’C’est exact, ma famille est écossaise, mais j’ai grandi à Londres après mes dix ans.’’
Andy n’est pas sûr que se confier sur ce genre de choses lui donnent une meilleure chance de survie, mais il n’arrive toujours pas à se résoudre à lui planter son poignard dans la gorge, et il sait de source sûre que les gens ont plus facilement confiance en lui, dès qu’il est honnête. C’est comme ça que Kim a accepté de se marier avec lui, pour que sa mère évite de lui rappeler qu’à son âge, il devrait déjà avoir eu au moins deux enfants… La main qu’il reposait sur la balustrade ne reste pas tranquille et tremble sans qu’il ne puisse vraiment la contrôler, malgré sa meilleure volonté de ne pas attirer l’attention de Novak sur lui…
‘’J’imagine que je sais ce que c’est, d’être divisé entre deux camps…’’
Andy relève très vite les yeux de sa main tremblante en entendant ça, le soupir rendu opaque par l’accent serbe résonnant maintenant dans ses oreilles alors qu’il déchiffre et analyse chaque mot, pour savoir si Novak parlait de lui-même, ou de sa situation en tant qu’espion envoyé pour le tuer… Une boule se forme très vite dans sa gorge dès que le regard de Novak se pose sur le sien, la lueur dans ses yeux remplacée par quelque chose de bien plus sombre, et Andy peut lire bien trop de choses dans ses mots pour que ce soit normal…
‘’Vraiment ? Je suis écossais mais britannique, ça ne va pas vraiment plus loin.’’ Maintenant, il ment, pour ne pas laisser ses sentiments pour son pays natal prendre le dessus
‘’Ah, oui, je me doute bien que vous avez dû faire un choix si vous travaillez pour le gouvernement anglais. J’ai fait le mien aussi, pour devenir roi.’’ Le regard de Novak retourne se loger sur les bosquets fleuris, et Andy n’est pas tout à fait sûr de lui, mais il croit apercevoir un tremblement, sous son uniforme
‘’Épouser la reine ?’’
‘’Entre autres. Je suis pas né pour être roi, je n’aurais même jamais dû le devenir si ma femme avait été acceptée en tant que souveraine légitime du royaume. Je viens d’une famille riche, et j’ai dû abandonner mon nom pour prendre celui de mon épouse… Ni Djokovic ni Karađorđević…’’
‘’Divisé entre deux camps…’’ Son soupir répond au précédent, et Andy commence un peu mieux à comprendre l’air grave du souverain
Novak hoche la tête, avant de planter son regard droit dans le sien, un petit sourire qui semble en dire long sur son visage, l’éclat dans ses yeux noisette de retour, et Andy sent son cœur fondre dans sa poitrine sans qu’il ne puisse y faire quoique ce soit—non non non, il a réussi à se convaincre il y a si longtemps qu’il aimait les femmes, ce n’est pas pour tomber amoureux d’un roi, d’un homme qu’il doit tuer, des années après… La voix de sa mère résonne dans sa tête, pour lui dire de faire le bon choix, mais Andy n’a aucune idée de ce qui est censé être la bonne décision !
‘’Votre majesté !’’
Andy sort de ses pensées à toute vitesse, et Novak détourne le regard du sien pour regarder l’un des gardes réduire la distance entre eux et les rejoindre. Il ne comprend toujours pas ce qui se dit en serbe, mais ça a l’air d’être urgent. Andy ne devrait probablement pas se réjouir d’avoir échoué à sa mission alors qu’il a eu tout un tas d’opportunité pour tuer Novak Djokovic Karađorđević, mais il ne peut pas se résoudre à lui prendre sa vie pour le moment, pas alors que son corps le désire, pas alors que son cœur se retrouve en lui… Merde.
‘’Sir Murray, ce fût un plaisir, j’espère avoir l’occasion de vous revoir très vite, mais comme vous pouvez le voir, c’est une urgence.’’ Le sourire de Novak lui semble d’un coup bien plus forcé qu’avant, mais Andy n’en dira rien
‘’C’est à moi de vous remercier pour votre hospitalité, mais ne me laissez surtout pas vous ralentir.’’ Son sourire à lui-aussi est forcé, mais c’est surtout pour apaiser le rythme de son cœur, qui ne semble que pouvoir accélérer, au fur et à mesure des minutes qu’il passe près de cet homme
Ses jambes sont toujours aussi lourdes au moment de rentrer à son hôtel, la chaleur de l’été s’abattant une nouvelle fois sur lui et sa chemise lui collant à la peau, mais Andy ne peut pas se sortir de la tête ce moment privilégié bien qu’étrange qu’il vient de passer avec le roi, avec la cible qu’il va devoir tuer dès qu’il le pourra… Andy déteste de plus en plus son travail, et il est surpris de lui-même, dès qu’il considère à envoyer une lettre à ses supérieurs, pour les prévenir qu’il n’en sera pas capable… Il s’en empêche à la dernière minute, pour ne pas qu’un autre espion ne soit envoyé et qu’il tue Novak sous ses yeux. Non, ça ne ferait que le faire cauchemarder un peu plus, et Andy a déjà trop de mal à dormir pour tenter le diable comme ça…
Il va devoir trouver une solution pour garder en vie l’homme qu’on l’a envoyé tuer, tout en ne se faisant lui-même pas attraper. Finalement, Andy préférait peut-être la Grande Guerre et les tranchées, ou alors son mariage bancal avec Kim et les jugements de sa mère… Au moins, c’était plus facile de trouver une solution à ses problèmes…
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Andy ne sait pas si ce qui le réveille est le martelage incessant de son cœur contre sa poitrine, ou le boucan qui tape à la porte de sa chambre, mais dans tous les cas, son nouveau cauchemar rempli de squelettes exhumés par les obus a bien vite disparu, remplacé par l’angoisse de l’inconnu. Il s’habille aussi rapidement qu’il le peut, une petite lame dans sa manche prête à couper la gorge de n’importe qui essayant de lui faire la même chose, et il prend un dernier souffle tremblant avant de déverrouiller le loquet de la serrure.
Il ne s’attendait évidemment pas à ça.
Son cœur bat toujours trop vite, et même si c’est toujours à cause de la panique soudaine, il y a aussi un peu de cette sensation étrange, comme pendant la visite guidée au palais… Ses yeux se sont automatiquement posés sur le regard noisette de Novak, et Andy n’est pas sûr de pouvoir regarder ailleurs, même pas vers les deux gardes derrière lui qu’il peut voir du coin de l’œil. Il est seulement attiré par les deux lèvres roses qui ne sont qu’à un mètre de lui, et Andy ira probablement en enfer pour ça, mais il n’arrive pas à en ressentir le moindre remord.
‘’Sir Murray, je vous ai réveillé ?’’ Andy devrait détester la fausse innocence dans la voix de Novak, et pourtant le sourire qui accompagne son lazzi est pure et le fait flancher une nouvelle fois
‘’Votre altesse—c’est une surprise de vous voir ici, et aussi tôt.’’ Andy doit encore arranger certaines boucles qui fuient sur son front, sans parler de son lit encore défait
‘’Il est déjà dix heures du matin.’’
‘’C’est tôt pour un britannique.’’ Non, pas vraiment, mais Andy manque d’excuse pour sa fatigue soudaine, entre la chaleur et le long trajet, sans oublier son dilemme moral
‘’Dans tous les cas, je profitais de ma sortie matinale habituelle et on m’a signalé que votre hôtel était sur le chemin, j’ai donc pensé qu’il était bon de continuer notre discussion de la veille sans que personne ne puisse nous interrompre.’’ Le faux sourire est de retour, mais Andy peut y lire autre chose, comme si Novak savait bien plus que lui
‘’Eh bien, faîtes comme chez vous.’’
Le sourire du roi s’allonge sur son visage, et Andy ne peut que sentir la petite lame frotter contre sa peau, alors qu’il peine encore à se décider si oui ou non, il doit vraiment exécuter sa mission et le tuer, alors qu’il ne représente pas une menace à ses yeux… Il n’a pas le temps de se poser une nouvelle fois la question, alors que Novak a une discussion en serbe avec ses gardes, avant de fermer la porte sans les faire entrer. D’accord, si c’est encore un test, alors Andy n’aura peut-être pas la patience de réussir, s’il venait à choisir l’option du sang. Et si le Serbe est juste trop innocent pour savoir que les souverains ont la vie courte de nos jours, alors Andy sera désolé pour lui, quand il fuira le pays comme un fugitif.
Sa conscience professionnelle lui souffle une nouvelle fois que la mission doit passer avant tout son dilemme moral, que l’homme devant lui pourrait très bien être à l’origine d’une nouvelle guerre s’il le souhaitait, qu’il ne suffirait que d'un seul ordre pour que la Serbie attaque l’un des pays libres de l’ouest, et qu’après tout, s’il se retrouve ici avec cet objectif, c’est bien parce que ses supérieurs ont dû prendre cette décision en connaissance de cause…
Mais Andy arrête très vite de penser à tout ça, alors qu’il peut voir la veste militaire couverte de médailles et d’insignes de guerre de Novak tomber par terre, sur la couverture qu’il ne s’était pas donnée la peine de ramasser en se levant, et sa concentration fuit vite son esprit en ruines pour se fixer sur le corps face au sien, sur les doigts habiles déboutonnant facilement chaque bouton de la chemise en soie et la faire à son tour glisser jusqu’au sol—Si Andy avait du mal à comprendre ce qu’il se passait jusque-là, maintenant, c’est sûr, il est complètement perdu…
‘’V-Votre altesse—‘’ Andy peine à trouver sa voix, alors que ses joues sont de plus en plus rouges, devant le torse nu de l’homme qui occupe beaucoup trop ses pensées ces derniers temps
‘’Andrew, nous n’avons pas de temps à perdre, et je ne compte pas retourner au palais sans avoir partagé ce lit avec vous.’’ La voix de Novak est ferme et sûre, mais à peine plus forte qu’un murmure, alors Andy devine facilement qu’il ne peut pas laisser ses gardes deviner ce qu’il est réellement venu faire ici
‘’Pourquoi vouloir partager ça avec moi ? On s’est à peine parlé.’’ Malgré tous les doutes qui planent au-dessus de son esprit, Andy peut quand même sentir son pyjama se resserrer et il ne sait vraiment dans quel camp il est
C’est encore un peu plus flou, dès que Novak franchit la distance qui les séparait, un très large sourire carnassier sur son visage laissant apparaître des canines bien trop pointues pour le rassurer, et Andy oublie probablement tout ce qu’il a appris pendant la guerre, parce qu’il ne peut pas s’empêcher de rester immobile, ses yeux navigant entre le très joli visage tout près de lui, et le torse parfaitement musclé qui est à portée de main…
Ses joues sont définitivement rouges quand les mains de Novak se baladent sans vergogne sur son torse, pour lui retirer sa chemise efficacement mais dans une lenteur diabolique, ses doigts chauds touchant à peine sa peau nue, s’appliquant pour le torturer de la pire des manières, en faisant travailler sa patience déjà mise à rude épreuve pendant son long trajet, et tous les sens de son corps sont en ébullition, après un réveil aussi brutal… Ses manches ont presque entièrement quitté ses bras, quand il sent quelque chose de froid contre sa gorge, et un souffle chaud contre sa joue—Oh putain—
‘’Vous voyez, Andrew, c’est pour ça que je vous veux. Vous êtes un espion, je suis roi, aucun de nous deux ne dira rien.’’ Il y a cette détermination dans ce regard noisette le fixant sans trembler, et Andy commence réellement à craindre pour sa vie, même quand Novak appuie un peu moins avec sa propre lame contre sa gorge
‘’Comment avez-vous su ?’’ Il le murmure pour ne pas attirer l’attention des gardes derrière la porte, son regard opiniâtre répondant à celui de Novak
‘’La guerre n’a épargné personne, Andrew, j’ai dû faire ce qu’il fallait pour protéger mon pays.’’ Andy peut à peine glisser ses yeux sur le corps à moitié nu de Novak, mais il peut effectivement apercevoir des cicatrices jonchant sur sa peau bronzée
‘’Appelez-moi Andy, et j’arrêterai de vous faire perdre du temps.’’
Novak sourit honnêtement pour la première fois depuis qu’il a fait le moindre pas dans sa chambre, avant de rabattre la lame qu’il tenait fermement contre sa gorge, pour simplement venir la déposer sur la paume de sa main. Andy a une nouvelle fois l’occasion de le tuer, comme il le devrait s’il était un meilleur espion, mais il préfère laisser le roi qui partage son espace intime faire glisser sa chemise vers le sol pour rejoindre ses propres vêtements. Maintenant, ils sont à égalité, et Andy dépose sa lame sur le bureau derrière lui, avant de glisser une main tremblante d’excitation et de longer une marque blanche sur le bras de Novak (probablement là où une épée l’a un peu plus que frôlé), un léger frisson parcourant la peau bronzée sous son toucher…
Ils sont trop près l’un de l’autre pour résister plus longtemps, et Andy peut sentir une main ferme s’accrocher à sa nuque et certaines de ses boucles, avant qu’une paire de lèvres érotiques viennent se poser sur les siennes, une langue franchissant la barrière de ses dents sans attendre et il ne peut que succomber en gémissant dans le baiser, Novak forçant un peu plus sur son cou pour renforcer son emprise sur le baiser, et tout est parfait… Tout simplement parfait, c’est chaud et brutal et c’est une bataille pour le contrôle, et Andy aurait tué pour avoir ça plus tôt dans sa vie. C’est aussi sûrement le cas de Novak, quand il sent ses mains glisser vers son pantalon de pyjama pour l’en faire sortir beaucoup plus rapidement que ce ne fût le cas pour sa chemise…
Le problème, c’est qu’Andy compte bien profiter de sa première fois avec un homme depuis bien trop longtemps sans qu’un roi ne lui dicte le rythme. Il a beau être totalement nu devant son altesse royale, ça ne l’empêche pas de poser ses mains à son tour sur la ceinture du pantalon d’uniforme de Novak pour l’en faire sortir, le bruit métallique de l’épée rencontrant le sol se faisant entendre à travers le fourreau en cuir, et Andy a un sourire en coin devant l’érection évidente de Novak, caché par un sous-vêtement qu’il imagine dans un textile hors de prix. Il a l’air tout aussi excité que lui à l’idée d’échapper à leur fausse sexualité, et pour le moment, Andy préfère ça que ses dilemmes moraux.
‘’Andy, je n’ai pas beaucoup de temps…’’ Ce n’est pas plus haut qu’un soupir, quand ses lèvres s’écrasent sur son cou, pour y laisser un baiser humide et des marques d’ongles, là où ses doigts s’accrochent pour rapprocher un peu plus leurs corps
‘’Novak, combien de temps ?’’ Il répond au baiser furtif en passant ses doigts dans les cheveux courts coupés à la militaire, avant de mordiller le lobe d’oreille de Novak
‘’Moins d’une heure… Plus vite maintenant—‘’
Andy a un mouvement de recul quand Novak fait glisser gracieusement son sous-vêtement le long de ses jambes, avant de s’asseoir sur le bord de son lit pour vite défaire les lacets de ses longues bottes de cuir. Andy n’a jamais vu d’image plus puissante et excitante que la vue d’un roi entièrement nu, occupé à se débarrasser de ses bottes pour lui révéler des jambes tout aussi musclées et parfaites que le reste de son corps… S’il lui restait la moindre once de respect pour lui-même, Andy se poserait davantage de questions, mais il a seulement envie de faire l’amour à un souverain, alors il s’agenouille devant Novak, avant de prendre l’une de ses jambes en main et de déposer des dizaines de petits baisers dessus, remontant de sa cheville à son genou, ses yeux fixant ardemment le regard maintenant complètement noir de désir de son amant.
La peau de Novak rougit au fur et à mesure des endroits où il dépose ses lèvres et ses dents, et il ne se souvient de sa mission que quand il entend le gémissement de Novak, au moment où il suce un morceau de peau sur l’intérieur de sa cuisse, pour y laisser une marque bleue… Non, il ne pourra jamais tuer cet homme, ou alors seulement dans ce lit, à coup de plaisir… Les doigts de Novak glissent entre ses boucles pour le ramener à sa hauteur, et ils partagent un nouveau baiser passionné, ses dents venant mordre la lèvre inférieure de son altesse royale pour être une sûre qu’une marque sera bel et bien présente sur lui, une fois qu’ils en auront fini…
Andy se redresse de sa position, et les jambes de Novak passent autour de sa taille sans attendre, et s’il n’avait pas autant envie d’explorer un peu plus ce corps, il se poserait davantage de questions sur la flexibilité apparente de son compagnon de lit… Peu importe, il dépose Novak sur le lit et se positionne au-dessus de lui, ses lèvres encore un peu joueuses venant lécher et mordiller l’un de ses tétons, alors que Novak murmure des choses en serbe entre deux gémissements et grognements (Andy imagine facilement qu’il lui demande d’aller plus vite), et il ne remarque que maintenant la croix accrochée à une chaîne, reposant sur le long du cou de Novak et tombant sur le drap.
Ses doigts viennent chercher le collier pour le toucher délicatement alors que Novak s’arrange pour ouvrir ses jambes au maximum, et Andy n’a sûrement jamais rien vu d’aussi drôle que la présence de la religion pendant un acte que toute l’église condamnerait fermement, mais il n’est pas là pour ça, alors il repose simplement la croix sur la poitrine montante et descendante au fil de la respiration du Serbe, un sourire au coin des lèvres. Pour l’instant, s’il en croit les doigts accrochés aux draps et le regard noir de Novak sur lui, il a une autre mission que de s’attarder sur chaque détail…
‘’Je n’ai que ma salive pour aider la pénétration, est-ce que ça suffira ?’’ Andy n’est pas spécialement prêt à laisser les gardes entendre ce qu’il peut bien être en train de faire avec leur roi, si Novak devait être trop bruyant à cause de la douleur
‘’Pour l’amour de Dieu, Andy, nous avons vécu pire pendant la guerre !’’
‘’Je ne faisais que prévenir…’’
Il continue de sourire quand Novak roule des yeux en soupirant, ses bras ajustant l’emplacement des oreillers sous sa tête pour rendre sa position plus confortable (dire qu’il dormait ici avant que ses pulsions ne le réveillent entièrement), avant de cracher sur ses doigts pour les humidifier. Il met un point d’honneur à ce que tout se déroule pour le mieux, et même s’il est fort probable que Novak sorte d’ici en ayant du mal à marcher, ce sera en un seul morceau, peu importe ses ordres. Andy vérifie une dernière fois que Novak est prêt en lui envoyant un regard, et il ne peut que voir une pupille noire de désir, alors il rentre un premier doigt aussi lentement et doucement que possible pour ne pas le blesser.
Andy peut sentir son érection tressaillir entre ses jambes dès que Novak laisse échapper le moindre petit bruit, et il refuse de croire qu’il doit vraiment le tuer. C’est impossible pour lui de se dire que son gouvernement veut la mort du seul homme qui ait jamais réussi à faire battre son cœur aussi vite. Il rajoute deux autres doigts pour être sûr que tout se passera bien, que Novak aura le moins mal possible, et son cœur rate un battement quand Novak se redresse soudainement juste pour déposer un autre baiser sur ses lèvres déjà bien gonflées… Eh bien, ça lui manquera définitivement…
‘’Prêt ?’’
‘’Toujours.’’
Le sourire confiant sur les lèvres de Novak disparaît bien vite au profit d’une grimace, dès qu’Andy remplace ses doigts par son érection, et il doit déposer ses lèvres sur les siennes pour s’assurer qu’un cri ne va pas résonner dans sa chambre et avertir les gardes à l’entrée… Andy ne veut pas mourir transpercé par une lance alors qu’il faisait la chose qu’il aime le plus au monde c’est-à-dire, faire l’amour à un magnifique homme en toute simplicité. Un rythme s’installe très vite entre ses va-et-vient et les mouvements de Novak pour atteindre sa zone la plus sensible, tout ça dans un faux silence recouvert par le bruit de leurs corps s’entrechoquant et de leurs souffles essayant de suivre la folie de leurs envies…
Ses doigts peuvent parcourir la myriade de cicatrices qui jonchent sur le torse de Novak, en essayant d’imaginer chaque bataille ayant causé ces marques, Novak maintenant assis sur ses cuisses et dévorant sa clavicule pour faire taire ses bruits, alors que son autre main s’occupe de lui obtenir le meilleur orgasme de sa vie… Andy passe probablement aussi le meilleur moment de sa vie, quand il peut atteindre l’extase pendant une courte minute, avant de s’écrouler à bout de force sur Novak… Le gouvernement britannique n’aura jamais besoin de savoir pour tout ça.
Andy est désolé pour le drap quand il s’en sert pour tout nettoyer et essuyer leurs corps, mais il n’a pas la force de se traîner dans la salle de bain pour le moment, et il ne veut pas coller toute la journée… Il s’allonge à côté de Novak sur un lit à moitié correct, une couverture fraîche de son séjour sur le sol enroulée jusqu’à leur taille, et pour le reste, il n’y a que leurs doigts et leurs yeux pour sillonner la peau nue. Andy participerait à une nouvelle guerre pour faire durer cet instant éternellement.
‘’Un roi qui aime les hommes, et un espion qui refuse de tuer…’’ Novak rit contre lui, alors qu’Andy caresse doucement ses cheveux, son cœur commençant enfin à se calmer
‘’Comment as-tu deviné que j’étais un espion ?’’
‘’Dès le début, j’étais moi-aussi espion pendant la guerre, j’ai tout de suite reconnu ce tic qu’on a tous pendant une mission…’’ Novak imite un mouvement incessant du regard, et Andy commence à comprendre pourquoi il lui a laissé autant d’occasions de le tuer
‘’Mais, tu n’avais pas peur que je te tue ?’’
‘’Je sais me défendre, et puis, je l’ai lu dans ton regard.’’
‘’Quoi ?’’
‘’Tu doutais, et tu doutes toujours. Tu te demandes si tu dois quand même me tuer, et si le prochain espion qu’ils enverront sera plus impitoyable que toi. Alors laisse-moi te faire une proposition, Andy.’’
‘’Quel genre de proposition ?’’ Ils sont passés d’intimes à politiques beaucoup trop rapidement à son goût, mais Andy est prêt à écouter, si ça peut leur sauver la vie à tous les deux
‘’Arrange-moi un rendez-vous avec ton gouvernement et je passerai un accord avec eux. Fais en sorte qu’ils n’envoient plus personne me tuer d’ici-là, et je promettrai de ne pas déclencher une autre guerre mondiale.’’
Andy ne devrait probablement pas avoir autant confiance en ces yeux noisette semblant pouvoir sonder son âme, et cet accent serbe enroulé autour de son anglais impeccable, mais Novak Djokovic Karađorđević est irrésistible, et Andy refuse de le voir mourir sans rien faire. C’est peut-être trop tôt pour dire qu’il l’aime, mais sans aucun doute, il renoncerait à son métier pour lui assurer un règne tranquille… Mais pour le moment, il leur reste une dizaine de minutes avant que Novak ne doive redevenir roi, et Andy veut simplement les passer contre lui, à l’entendre parler de tout et de rien…
Fin
